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Full text of "Notes historiques et biographiques"

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LES FONDATEURS DE LA NATIONALITÉ BELGE 



NOTES 





DES DOCUMENTS INEDITS 



THÉODORE JUSTE 



IDEXXZSlIÈXwlE SÉRIE. 



Le comte de Tlteux. 

L'origine du gouvcmemeni provisoire. — Lcopold I**" cl le 

prince de Ligne. 

Les dernières années de M. Van de Weyer 



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BRUXELLES!: 

C. MUQUAROT 

HBNKY MERZBA.CH, SXJCCEl 
MÉMK MAISON A GANI) ET A LEIP2I6 

1874 







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NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 



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TOUS DROITS RÉSERVÉS 



BIBLIOTHEQUE 
SAINTE | 
GENEVIEVE 




LES FONDATEURS DE LA NATIONALITE BELGE 




NOTES 

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DES DOCUMENTS INEDITS 



THÉODORE JUSTE 



DETTXrËnUTE SÉRIE. 



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C. MUQUARDT X ^___^--' 

HBNEY MHRZBAOH, SUOOBSSBUB 
MÊME MAISON A OAND ET A LEIPZIG 

1874 



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FR. GOBBÀERTS, IMP. DE ROI, SUCCESSEUR D EM. DEVROYE, 
Bruxelles, 40, rue de Louvain. 









TABLE. 



A M. L. Jottrand, ancien membre du Congrès national. . . . vij 

Le comte de Theux 1 

L'origine du gouvernement provisoire 19 

Inauguration de la statue d'Alexandre Gendebien 43 

Léopold 1" et le prince de Ligne 49 

Les dernières années de M. Sylvain Van de Weyer 65 







y 



// 1 



A. IL L. JOTTRAND, ancien membre du Congrès national. 



Mon chek monsieur Jottrand, 

Je vous demande l'autorisation de reproduire la lettre 
suivante que vous avez bien voulu m adresser : 



Le 3 juillet 1874. 



Mon cher monsieur Juste, 



Je vous remercie de l'exemplaire de votre notice sur 
De Potier que vous m'avez fait parvenir. Je vous revaudrai 
cela prochainement, par un exemplaire de la publication que 
je prépare sous ce titre : Patriotes d'élite. 

Je ne puis me dispenser de vous communiquer, dès aujour- 




vnj 

d'hui, ces toutes premières lignes de préface que je destine 
à cette publication : 

« Il ne faut pas laisser classer en un seul genre les 
« citoyens qui ont marqué dans la révolution belge de 1850. 

« Les Fondateurs de la monarchie belge, cela peut servir 
« de rubrique à une série de notices sur un certain nombre 
« de personnages qui ont préparé et fait réussir la révolu- 
« tion en la dirigeant, — surtout dans les derniers temps, — 
« vers la solution qui lui a été donnée. Il est clair, toutefois, 
« que la rubrique est trop spéciale ; et c'a été un tour de 
« force assez curieux que d'y ranger, par exemple, des 
« notices sur Gendebien et sur De Pottcr. » 

Et je termine ainsi : 

« Il m'est permis de choisir un titre général moins sujet 
« à objections. Mes notices se rangent très-bien sous cette 
« rubrique-ci : Patriotes d'élite. » 

C'est, j'en conviens, mon cher monsieur Juste, une pierre 
jetée dans votre jardin ; mais mon espèce de protestation à 
votre adresse a bien sa valeur critique. 
Bien à vous, 

L. JOTTRAND. 



La réponse à votre « protestation, » je la trouve, mon 
cher monsieur, dans la Revue de Belgique, où M. E. Van 
Bemmel s'exprime en ces termes : 

« La collection publiée par M. Théodore Juste com- 
prend plutôt les fondateurs de la nationalité belge que 
ceuxdelamowarc/iî'e, et c'est ce qui explique la place qu'y 
occupe et que devait y occuper de Potter, le républicain 



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IX 



ferme et convaincu. Nous devons tout d'abord rendre 
hommage à l'impartialité' de l'historien : il a voulu et 
su faire l'e'loge d'un homme dont le rôle et le caractère 
ont été' en opposition ouverte avec le rôle et le carac- 
tère des ve'ritables fondateurs de la monarchie. Les 
deux dernières biographies de la collection, celles de 
Gendebien et de de Potter, montrent que M. Juste se 
tient en dehors de tout esprit de parti, qu'il comprend 
les devoirs de sa tâche, et c'est là un me'rite des plus 
rares quand il s'agit d'histoire contemporaine. » 

Vous me louez donc outre mesure, mon cher mon- 
sieur, en supposant que j'ai voulu faire un tour de force; 
je me suis efforce' d'être impartial : rien de plus. 

J'avais d'ailleurs pre'vu votre objection quand je disais 
en tête de la biographie de Louis de Potter : 

« Bien qu'il ait été un partisan inébranlable de la 
forme républicaine, de Potter a sa place marquée, et il 
mérite une place éminente, parmi les fondateurs de 
l'État belge. Le premier, dans des écrits restés célèbres, 
il proclama les libertés qui sont aujourd'hui les fonde- 
ments de notre Constitution, etc. » 

La monarchie belge , c'est-à-dire la forme du gouver- 
nement décrétée par le Congrès national le 22 novem- 
bre 1830, veut donc dire Y État belge. 

Un critique, moins bienveillant que vous, m'avait défié 
de ranger Alex. Gendebien parmi les fondateurs de la 
monarchie parce qu'il avait voté contre le prince Léo- 
pold de Saxe-Cobourg. Je n'ai pas tenu compte de ce 
défi et j'ai eu raison. Un homme éminent, qui a été 



ministre du roi Léopold 1 er , Charles de Brouckere, 
setait e'galement prononcé contre l'élection du prince 
Léopold. Aurais- je dû, pour ce vote, exclure aussi 
Charles de Brouckere de la galerie des fondateurs de la 
monarchie belge? 

Vous préférez, pour vous , une autre rubrique ; 
celle-ci : Patriotes d'élite. 

Je ne vous chercherai pas chicane à ce sujet ; je pour- 
rais cependant faire remarquer que les principaux fonda- 
teurs de la monarchie, Joseph Lebeau, Sylvain Van de 
Weyer, Nothombj Félix de Mérode, de Gerlache, etc., 
méritent votre glorieus'e qualification tout aussi bien 
que de Potter, le baron d'Hoogvoorst et Alex. Gende- 
bien. 

Quoi qu'il en soit, je suis tout disposé, mon cher 
monsieur , à vous satisfaire comme je le pourrai. Si je 
me suis trompé, je veux réparer mon erreur. On était 
habitué à lire au frontispice de cette galerie : Les fonda- 
teurs de la monarchie belge. On lira maintenant : Les 
fandateurs de la nationalité belge. J'aimais cependant 
mieux la première dénomination, monarchie belge 
signifiant, comme je l'ai dit tout à l'heure, YÊtat belge. 
Je ne sais d'ailleurs s'il faut attribuer la création de 
notre nationalité aux patriotes de 1830 exclusivement; 
rappelez-vous ce que disait de Pradt en 1820. après les 
terribles commotions qui avaient bouleversé et comme 
anéanti l'ancienne Belgique : « Le Belge, placé entre 
la France, l'Allemagne et la Hollande, n'est ni un 
Français, ni un Allemand, ni un Hollandais. » 






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Je veux néanmoins écouter les conseils qui m'ont été 
donnés et faire droit en même temps à vos observations. 
Je me rends. 

Agréez, etc. 



Th. J. 



1 er octobre 1874. 



... 










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1 



LE COMTE DE THEUX. 



Barthélémy-Théodore, chevalier de Theux de 
Meylandt, avait vu le jour à Schabroeck, dans le 
Limbourg, le 25 février 1794. On a peu de 
détails sur sa jeunesse; les plus intéressants 
'se trouvent dans les Mémoires du comte Henri 
de Mérode-Westerloo. Le chevalier de Theux 
était un des meilleurs amis de cette noble mai- 
son; il était le camarade des jeunes comtes 
et, par eux, il noua des relations avec d'autres 
membres de la noblesse catholique. 11 était loin 
d'ailleurs de se complaire dans l'oisiveté. 11 
suivit les cours de droit de l'université de Liège 
et il obtint le grade de docteur. Mais bien qu'il 

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A 



2 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

se fût fait inscrire au tableau des avocats, il ne 
se destina point à la pratique du barreau. 
L'indépendance dont il jouissait lui permit de se 
livrer à son goût pour les sciences administra- 
tives. De bonne heure il se mêla de politique ; 
on le vit au premier rang des pétitionnaires lié- 
geois qui, en 1828, s'adressaient aux États- 
Généraux pour réclamer le redressement des 
griefs. 

La révolution de 1830 ouvrit devant le cheva- 
lier de Theux la carrière où il devait s'illustrer. 
11 avait alors trente-six ans. Élu député suppléant 
par le district de Hasselt, il fut, le 10 novembre 
1830, admis au Congrès national, en remplace- 
ment du comte d'Arschot, qui avait opté pour 
Bruxelles. 11 se prononça pour l'indépendance 
du peuple belge, pour l'exclusion des Nassau, 
pour la monarchie constitutionnelle représen- 
tative sous un chef héréditaire. 

De haute taille, le visage impassible, toujours 
maître de lui, plus que froid, M. de Theux ne 
passionnait jamais les débats, mais il les éclai- 
rait par un jugement sûr et un rare bon" sens. 

Le discours qu'il prononça en faveur de la 
monarchie héréditaire mérite d'être cité.«... L'ex- 
périence, dit-il, que nous avions faite de la 
monarchie constitutionnelle, depuis 1815, pour- 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 3 

rait faire croire que cette forme de gouverne- 
ment n'offre pas de garantie suffisante pour le 
maintien des libertés publiques; mais chacun 
sait que tous nos maux ont découlé de ce que 
les Puissances nous avaient imposé un roi qui 
ne pouvait nous convenir sous aucun rapport ; 
de ce qu'elles nous avaient réunis à la Hollande 
qui fut constamment liguée avec le ministère 
contre nous ; et enfin de ce que les auteurs de 
la loi fondamentale furent obligés d'en aban- 
donner presque tous les développements à l'ar- 
bitraire du roi... Si, dans des circonstances aussi 
difficiles, des députés généreux, soutenus par 
l'opinion et par les pétitions de leurs conci- 
toyens, sont parvenus à arrêter et même à faire 
rétrograder sur plusieurs griefs le gouverne- 
ment le plus astucieux et le plus tenace, com- 
ment pourrions-nous redouter pour l'avenir des 
empiétements de la part d'une dynastie qui 
sera de notre choix, qui ne sera appelée à 
la souveraineté que lorsque nous aurons établi 
une constitution éminemment libérale, et lorsque 
nous aurons complété toutes les lois organiques 
de cette constitution? Mais surtout comment 
pourrions-nous redouter ces empiétements, 
aujourd'hui que nous sommes absolument indé- 
pendants et dégagés de toute influence étran- 



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4 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

gère? N'est-il pas constant que le caractère 
distinctif de notre nation est l'amour de la 
liberté, que lui seul a suffi pour conserver les 
anciennes libertés publiques, même sous les 
princes étrangers les plus puissants? Le carac- 
tère d'indépendance est tellement universel que 
je ne puis plus concevoir qu'un souverain trouve 
jamais dans ce pays assez de partisans pour 
essayer de renverser les institutions que vous 
aurez établies. Or, dès que nous n'avons rien à 
craindre pour nos libertés, tout doit nous engager 
à adopter un gouvernement monarchique repré- 
sentatif. Cette forme de gouvernement rassurera 
davantage nos concitoyens contre la crainte de 
l'anarchie ; elle nous mettra à même d'établir 
plus promptement et plus sûrement des rela- 
tions avantageuses avec nos voisins ; je dirai 
même que c'est le seul gouvernement propre à 
rétablir la confiance intérieure et extérieure, et 
à consolider notre indépendance... ('). » 

Il convient aussi de mentionner l'opinion qu'il 
émit sur la nécessité de deux chambres. «... En 
considérant, disait-il, la gravité et la moralité 
du peuple belge, en considérant le calme de 
cette assemblée nombreuse, on est sans doute 



(<) Discussions du Congrès national, t. I, p. 223. 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 5 

porté à croire que nous n'avons pas besoin de 
Sénat. Cependant, je n'oserais admettre une 
innovation aussi importante dans le système 
politique, tandis qu'elle n'a été tentée avec 
succès chez aucun autre peuple. Et d'abord, il 
est certain qu'elle serait fortement désapprouvée 
par nos voisins et considérée par eux comme 
constituant notre gouvernement dans un état 
précaire sans garantie de stabilité. En effet, 
pouvons-nous avoir une entière confiance que 
notre Chambre élective sera toujours tellement 
bien choisie, que jamais une majorité ne l'entraî- 
nera hors des voies de la modération? Pouvons- 
nous compter que, résistant aux désirs d'étendre 
ses attributions, elle n'attirera pas à elle la tota- 
lité du pouvoir législatif en réduisant à rien 
dans la pratique l'exercice du veto suspensif ou 
perpétuel que vous attribuerez au chef de l'État? 
Et celui-ci conservera-t-il dans son intégrité 
l'exercice même du pouvoir exécutif? Je ne le 
pense pas, et cependant alors l'équilibre des 
pouvoirs serait rompu et la constitution violée 
dans ses dispositions principales... Les publi- 
cistes les plus éclairés sont d'avis que l'équilibre 
de ces deux pouvoirs ne peut être maintenu s'il 
n'existe en même temps une pairie qui puisse 
servir d'intermédiaire par le calme de ses déli- 



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6 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

bérations, et encore plus par une sage lenteur 
qui donne un temps utile pour calmer les 
passions... ('). » 

M. de Theux prit une part active, considé- 
rable, aux débats sur la constitution, se mon- 
trant et demeurant fidèle unioniste. S'il défendit 
la complète liberté des cultes et l'indépendance 
absolue du clergé, il se signala aussi parmi les 
plus chauds partisans de la liberté de la presse. 

Rapporteur de la loi électorale, il lit des 
efforts persévérants et habiles pour maintenir 
tout au moins l'équilibre entre les villes et 
les campagnes « Le nombre des électeurs des 
villes, disait-il, ne doit pas surpasser celui des 
campagnes. » Mais, en fait, le projet auquel 
s'était rallié M.deTheux donnait aux campagnes 
la supériorité sur les villes. 

Quand il s'agit d'élire le chef de l'État, M. de 
Theux, redoutant la prépondérance française, 
se prononça contre le duc de Nemours et pour 
le duc de Leuçhtenbèrg, Louis-Philippe n'ayant 
pas osé accepter la couronne de Belgique pour 
son fils, le pouvoir exécutif allait être confié pro- 
visoirement à un régent. Comme il fallait opter 
entre le baron Surlet de Chokier, président du 

(') Discussions du Congrès national, t. I, p. 433. 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 7 

Congrès, el le comte Félix de Mérode, membre 
du gouvernement provisoire, M. de Theux vota 
pour celui-ci par sympathie et par communauté 
d'opinion. Quelques mois après, il appuyait 
la proposition tendante à élire le prince Léopold 
de Saxe-Cobourg roi des Belges et se pronon- 
çait également pour l'acceptation des préli- 
minaires de paix proposés par la conférence 
de Londres. «... Si, disait-il, nous refusons les 
propositions de paix qui sont le résultat d'une 
si longue négociation, il est peu probable que 
nous puissions traiter sous d'autres conditions; 
et cependant l'état provisoire, indéfiniment 
continué, présente des dangers pour la sûreté 
intérieure et extérieure du pays. D'autre part, 
essayer de traiter directement avec le roi de 
Hollande est une démarche inutile, aussi long- 
temps que nous demeurerons dans l'état actuel; 
ainsi il ne nous resterait qu'à lui déclarer la 
guerre, en vue de le forcer plus promptement à 
la paix... La stagnation toujours croissante des 
fabriques et du commerce, la difficulté de lever 
les impôts nécessaires dans les provinces, et la 
misère des classes inférieures du peuple, jointe 
aux manœuvres des agitateurs, pourraient 
amener les plus grands embarras si la guerre se 
prolongeait par suite des secours que les Prus- 



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8 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

siens accorderaient à la Hollande. Il me semble 
que ces maux, joints à la mort de plusieurs 
milliers de nos concitoyens sur le champ de 
bataille, et à la crainte d'une guerre qui pourrait 
devenir générale et entraîner l'asservissement 
de notre patrie, peuvent légitimer un vote dont 
le résultat final ne portera peut-être préjudice 
à aucun de nos concitoyens ('). » 

Après l'inauguration du premier roi des 
Belges, les électeurs furent convoqués pour 
choisir les membres des Chambres législatives. 
M. de Theux reçut alors de l'arrondissement de 
Hasselt un nouveau mandat qui devait être 
renouvelé sans interruption pendant plus de 
quarante ans. A la Chambre des représentants, 
M. de Theux montra les qualités qui l'avaient 
fait distinguer au Congrès. Aussi ne tarda-t-il 
point à être associé au gouvernement. Dès le 
12 novembre 4831, il était nommé ministre 
d'État et membre du conseil, le 21, il était 
chargé provisoirement du portefeuille de l'inté- 
rieur et, le 30 décembre suivant, il devenait 
titulaire de ce département. Les chefs futurs du 
parti libéral, MM. Lebeau et Devaux, avaient 
eux-mêmes désigné au Roi le futur chef du parti 



(') Discussions du Congrès national, t. III, p. 491. 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 9 

catholique. Mais à cette époque, qui paraît 
maintenant si loin de nous, les partis s'effa- 
çaient, l'union existait, les patriotes n'avaient 
qu'un but : constituer la Belgique. M. de Theux 
conserva le portefeuille de l'intérieur jusqu'au 
20 octobre 1832 et se retira lorsque le général 
Goblet, succédant à M. de Muelenaere, ministre 
des affaires étrangères, eut formé le cabinet où 
siégèrent MM. Lebeau et Rogier ('). 

Moins de deux ans après, le 4 août 1834, 
M. de Theux revenait au pouvoir avec M. de 
Muelenaere et reprenait le portefeuille de l'inté- 
rieur. La convention du 21 mai 1833 avait assuré 
à la Belgique une trêve en quelque sorte indé- 
finie, en lui laissant les parties contestées du 
Limbourg et du Luxembourg. Mettant à profit 
cette situation heureuse et inespérée, le gouver- 
nement s'efforça de compléter l'œuvre du Con- 
grès national. M. de Theux eut l'honneur d'atta- 
cher son nom à trois grandes lois organiques : la 
loi sur l'enseignement supérieur du 27 septem- 



(') Parmi les actes qui signalèrent le premier ministère 
de M. de Theux, il faut mentionner, l'arrêté royal du 
21 mars 1832, lequel approuvait le plan d'un chemin de 
fer allant d'Anvers à Visé par Lierre, Diest et Tongres. 
Voir La Belgique sous le règne de Léopold /", par Thonis- 
sen, t. II, p. 165. 



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v 



10 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

bre 1835; la loi communale du 30 mars 1836 et 
la loi provinciale du 20 avril de la même année. 
En même temps le laborieux ministre secondait 
le réveil de l'industrie et favorisait la renais- 
sance des arts et des lettres. C'est à M. de Theux 
que l'on doit la création de la bibliothèque 
royale. 

Au mois de décembre 1836, M. de Muele- 
naere se retira du cabinet pour reprendre 
le gouvernement de la Flandre occidentale. 
Voulant rattacher à la Belgique indépendante 
la puissante association financière qui devait sa 
création à Guillaume I er , il avait proposé de 
conférer le titre de ministre d'Etat à M. Meeus, 
gouverneur de la Société générale, etàM. Coghen, 
son directeur le plus influent ; mais appuyé par 
ses deux collègues, MM. Ernst et d'Huart, 
M. de Theux s'opposa à un acte qui, d'après lui, 
aurait enchaîné la liberté du ministère. Cette 
dissidence est constatée dans la lettre suivante 
que Léopold I er adressait à M. de Muelenaere, 
le 12 décembre : « J'ai vu ce soir M. de Theux; 
« je l'ai trouvé véritablement affligé de toutes 
« ces malheureuses complications. Son inten- 
« tion est d'aller vous voir demain; comme il a 
« été entraîné à ce qui s'est passé, je vous prie 
« de l'accueillir favorablement, de lui faire 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGBAPHIQUES. 11 

«.sentir tout ce qu'il y a de pénible dans sa 
« conduite vis à vis de vous, sans vous brouiller 
« avec lui. Pour le bien du pays, je trouve dési- 
« rable que des relations tolérables soient main- 
« tenues entre vous deux : cela nous donnera 
« des chances d'avenir... ('). » En réalité, l'oppo- 
sition de M. deTheux fut invincible, et elle reçut 
l'approbation d'un grand nombre de représen- 
tants qui allèrent même féliciter le ministre 
de l'intérieur. 

La retraite de M. de Muelenaere accomplie, 
M. de Theux réunit sous sa direction le dépar- 
tement des affaires étrangères et celui de l'inté- 
rieur f). On l'a dit avec vérité dans une occasion 
solennelle : député ou ministre, M. de Theux 
fut chef partout. Par sa froide raison, son 
ferme bon sens et la force de son caractère, il 
imposait sa supériorité. Mais, arrivé au premier 
poste de l'État, il ne changea rien à la simplicité 
de sa vie. 11 dédaignait l'ostentation et, ministre 



{*) Voir Les Fondateurs de la monarchie belge. Le comte 
de Muelenaere, p. 56. 

( s ) Un nouveau ministère, celui des travaux publics, fut 
créé et confié, le 13 janvier 1837, à M. Nothomb, secré- 
taire général du ministère des affaires étrangères depuis 
1831. 






b 



12 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

dirigeant, ne vivait pas autrement que le plus 
humble des députés. 

M. de Theux était donc dès lors le chef incon- 
testé du parti catholique ; mais la politique qu'il 
pratiquait restait unioniste. Elle s'inspirait des 
idées detolérancequi prédominaient au Congrès. 
C'est ainsi que M. de Theux, tout en faisant res- 
pecter les droits des catholiques, se gardait de 
persécuter les autres cultes ; le premier, il fit la 
proposition de salarier les ministres du culte 
juif. Cette haute impartialité finit par le rendre 
suspect à ses propres coreligionnaires. En 1837, 
un représentant de Tournai soutint que la 
conduite de M. de Theux n'offrait pas de garan- 
ties suffisantes pour le maintien des droits 
du parti catholique. La vérité est que le chef du 
cabinet était essentiellement gouvernemental. 
« Il administra, dit un publiciste libéral, avec 
sagesse et prudence, et se défendit toujours avec 
modération. Qu'il fût un homme de parti, 
chacun et lui-même doivent en convenir, ce qui 
ne l'empêcha pas de se conduire au pouvoir, 
comme depuis dans l'opposition, en véritable 
homme d'État ('). » 



(') Du Gouvernement représentatif en Belgique, par 
E. Vandenpeereboom, t. I, p. 341. 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 13 

En 1838, la brusque adhésion du roi Guillaume 
au traité des vingt-quatre articles, qu'il avait 
jusqu'alors repoussé avec une invincible obsti- 
nation, allait mettre M. de Theux à une rude 
épreuve. En gardant le pouvoir dans un moment 
où l'indépendance du pays pouvait être remise 
en question, le représentant de Hasselt assumait 
une redoutable responsabilité. 

M. de Theux fit de grands efforts pour con- 
server l'intégrité territoriale de la Belgique, 
pour obtenir de la conférence de Londres de 
nouvelles et plus équitables résolutions. Il 
nous a été permis de prendre connaissance 
de la correspondance privée qu'il entretint à 
cette époque avec M. Van de Weyer, représen- 
tant de la Belgique en Angleterre, et nous 
n'avons pas lu ces lettres sans émotion. Toujours 
calme, M. de Theux ne parvenait pas cependant 
à dissimuler ses angoisses ni l'ardeur de ses 
patriotiques espérances. 

Vint enfin le moment décisif : abandonnée de 
la France et de l'Angleterre, la Belgique devait 
se soumettre à l'arrêt de l'Europe ou perdre 
sa nationalité dans une lutte inégale. M. de 
Theux n'hésita point. Avec MM. Nothomb et 
Willmar (les autres membres du cabinet s'é- 
taient retirés), il vint proposer aux Chambres 



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14 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

d'adhérer aux résolutions finales et irrévo- 
cables de la conférence de Londres. Des impré- 
cations accueillent cette proposition : a Hommes 
d'État misérables !... Ministres pervers!... Traî- 
tres envers la patrie et le roi !... etc., etc. » 
M. de Theux reste impassible; il accomplit 
courageusement son devoir; il démontre froide- 
ment la nécessité de la soumission ; il contribue 
efficacement, par son attitude stoïque, à faire 
adopter le traité qui doit assurer l'existence de 
la Belgique. M. de Gerlache, qui l'avait aidé 
dans cette grande crise, a pu dire sans exagéra- 
tion : « M. de Theux, en sacrifiant sa popularité 
et sa position ministérielle au succès d'une 
cause à laquelle l'existence de la Belgique était 
attachée, a rendu au pays un service éminenl et 
alors trop peu apprécié, mais dont l'histoire 
doit lui tenir compte ('). » 

Les jours du ministère étaient dès lors comp- 
tés. L'abandon forcé du Limbourg et du Luxem- 
bourg avait, comme on l'a dit , jeté la désaffection 
entre M. de Theux et plusieurs députés catho- 
liques ; mais la véritable cause de sa chute, ce 
fut sa longévité. On se fatiguait de cette longue 



(') Essai sur l'histoire du royaume de Belgique, par 
de Gerlache. (Œuvres complètes, t. II, p. 567.) 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 15 

domination et on la supportait avec impatience. 
M. de Theux proposa lui-même de séparer les 
deux ministères réunis dans sa main; cette 
concession ne parut pas suffisante. Tandis que 
les libéraux combattaient les tendances du prin- 
cipal ministre, la jeune droite attaquait sa pré- 
potence. On saisit un prétexte, et ce fut un 
membre de la droite qui, involontairement sans 
aucun doute, provoqua la dissolution du cabinet. 
La démission de M. de Theux fut acceptée le 
18 avril 1840, et il reçut le titre de comte en 
récompense de ses services. 

Six années s'écoulèrent pendant lesquelles une 
grande transformation s'accomplit dans les 
deux partis qui se disputaient maintenant la 
prépondérance. On s'éloignait de plus en plus 
des idées unionistes qui avaient présidé à la 
révolution ; de mixte, le gouvernement allait 
devenir homogène. Le 31 mars 1846, M. de 
Theux constituait le ministère catholique qui 
devait essayer en vain de lutter contre les flots 
montants du libéralisme. L'éminent homme 
d'État, toujours sage et prudent, se garda bien 
toutefois de rompre avec ses antécédents, de se 
montrer agressif ou provocateur. «...Si, disait-il, 
« le ministère du 31 mars est plus homogène 
« dans sa composition, il ne doit pas cependant 



i 



16 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

« son origine à un sentiment d'exclusion ; déter- 
« miné par les nécessités de la situation, il s'est 
« formé en vue de maintenir la politique de 
« modération qui a dirigé le gouvernement 
« depuis 1830. » Le ministère du 31 mars, 
bientôt renversé par les élections de 1847, 
ne fut qu'une sorte de transition. Rendons-lui 
cette justice qu'il se montra scrupuleux obser- 
vateur de la Constitution ; menacé par le 
congrès libéral, il respecta, malgré les sug- 
gestions du roi Louis-Philippe, l'article du pacte 
fondamental qui assure aux Belges le droit de 
s'assembler et de manifester librement leurs 
opinions. 

A l'avènement des libéraux (12 août 1847), 
M. de Theux devint le chef de ce qu'en Angle- 
terre on appelle l'opposition de Sa Majesté. Dans 
ce nouveau rôle, il se signala également par de 
hautes qualités. Conservateur, tory, catholique, 
il resta toujours fermement attaché à la dynas- 
tie et aux institutions nationales. Du reste, il ne 
montrait plus aucun goût pour le pouvoir. 
11 était satisfait de sa position parlementaire, et 
l'activité, qu'il ne donnait pas aux affaires 
publiques, il la consacrait aux grands travaux 
de fertilisation dont il avait pris l'initiative dans 
les bruyères de la Campine. C'est avec peine 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 17 

qu'il quittait son domaine de Meylandt où il 
menait la modeste et fortifiante existence d'un 
noble campagnard. 

En 1871 , il y avait vingt- quatre ans que M. de 
Theux avait abandonné le gouvernail de l'État. 
Il touchait aux extrêmes limites de la vieillesse, 
mais il avait conservé une intelligence vigou- 
reuse encore. Dans de graves et périlleuses con- 
jonctures, il donna une dernière preuve de son 
patriotisme en constituant, le 7 décembre 1871, 
le ministère qu'il devait présider jusqu'à son 
décès. « Comme le soldat courageux et fidèle, 
a dit M. Thonissen, il est mort au poste que 
la confiance du chef de l'État et les suffrages 
de la représentation nationale lui avaient assi- 
gné. » 

Le vénérable M. de Theux s'éteignit à Mey- 
landt le 21 août 1874. Avant la levée du corps, 
qui devait être enseveli au cimetière de Heusden, 
M. Thonissen, député de Hasselt, retraça briève- 
ment la carrière politique de son illustre col- 
lègue. Il dit avec vérité que M. de Theux était 
du nombre de ces hommes d'élite auxquels la 
Belgique doit son indépendance et sa liberté. 
Lors des funérailles solennelles, célébrées dans 
l'église primaire de Hasselt, un suprême et 
éloquent hommage fut rendu par l'archevêque 

2 • 



kld 




18 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

de Malines au sage pilote qui, pendant plus de 
quarante années, avait guidé le parti catho- 
lique. 



y 



De récentes polémiques ont ramené l'attention 
sur les patriotes qui, pendant les journées de 
septembre 1830, constituèrent en face de l'en- 
nemi le gouvernement provisoire. On nous saura 
gré, sans doute, d'éclaircir autant que possible 
ce mémorable épisode de notre histoire natio- 
nale. Deux anciens membres du gouvernement 
provisoire, MM. Jolly et J. Vander Linden, qui, 
pendant les combats de Bruxelles, montrèrent 
autant d'abnégation que de vrai courage, ont 
bien voulu nous remettre les notices que nous 
allons reproduire. 




I » 



m 



NOTICE DE M. LE LIEUTENANT GÉNÉRAL BARON JOLLY. 



On a beaucoup écrit sur la révolution de 1830, 
mais nulle part on ne trouve une relation exacte 
dans ses détails sur l'origine et l'installation du 
gouvernement provisoire. 

Peu de personnes en ont eu connaissance, et 
celles qui y ont pris part se réduisent aujourd'hui 
à un très-petit nombre. C'est dans le seul but de 
rectifier les nombreuses erreurs qui se sont pro- 
pagées dans le public, que je crois utile de rela- 
ter les faits qui ont amené l'établissement du 
gouvernement provisoire. Je n'entrerai donc 
pas, pour le moment, dans d'autres détails 
concernant 1830. 

Comme on le sait, les Hollandais attaquèrent 
Bruxelles le 23 septembre 1830, sur quatre 
points : les portes de Flandre, de Louvain, de 
Schaerbeek et de Laeken (d'Anvers). Repoussés 









B 



22 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES . 

à la porte de Flandre, ils durent renoncer à 
pénétrer en ville par l'ouest. 

A la porte de Schaerbeek, une colonne 
s'avança en suivant la rue Royale, dans le but 
de s'établir dans le Parc. 

Bien qu'aucune résistance n'eût été organisée 
régulièrement, la colonne qui, de la porte de 
Schaerbeek s'avançait dans la rue Royale, ne 
parvint jusqu'au Parc qu'au prix des plus grands 
sacrifices. 

La lutte continua sur ce point, pendant toute 
la journée, et ce fut dans un de ces moments 
qu'un parlementaire hollandais se présenta, 
demandant à parler à une autorité quelconque ; 
mais le peuple, peu familier avec les usages de la 
guerre, se jeta sur lui, arracha ses épaulettes, 
croyant faire ainsi un prisonnier. 

Quelques personnes parvinrent à le dégager 
et on le conduisit à la caserne des pompiers, où 
l'on avait également conduit un major de hus- 
sards (Van Borstel), celui-ci vraiment fait prison- 
nier à la suite de l'échauffourée de la porte de 
Flandre. 

Depuis la veille, il n'y avait plus d'autorité 
constituée à l'hôtel de ville, et par conséquent 
personne avec qui on eût pu mettre un parle- 
mentaire en communication . 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 23 

Vers trois heures ou trois heures et demie de 
l'après-midi, je rencontrai le général Mellinet 
qui m'arrêta en disant qu'il y avait un parlemen- 
taire et qu'il ne trouvait personne qui pût entrer 
en relation avec lui. 

« Je cherche partout et ne trouve personne, » 
me dit-il ; « il faut cependant avoir un moyen 
« de s'arranger ; il faudrait tâcher de réunir quel- 
« ques personnes notables qui se rendraient à 
« la caserne des pompiers. » 

En ce moment, M. l'avocat Delfosse (plus tard 
inspecteur général des postes), vint à nous et 
nous lui fîmes part de notre embarras. Nous 
convinmes de réunir quelques notables de la 
3 e section; nos démarches réussirent et nous 
nous rendîmes à la caserne des pompiers, dans 
le logement du commandant. 

On entra en pourparlers avec le parlemen- 
taire, M. le lieutenant-colonel de Gumôens, tué 
plus tard à la citadelle d'Anvers. 

Il nous fit part de sa mission qui consistait à 
demander que l'on se soumît et que les Liégeois 
dussent quitter Bruxelles. 

Après de longues discussions, il fut convenu 
que le colonel écrirait au prince Frédéric une 
lettre pour lui dépeindre l'esprit des habitants 
de Bruxelles et leur résolution de se défendre. 



L -. 



24 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

Nous tenions beaucoup à faire parvenir à des- 
tination une lettre qui, de notre part, avait 
surtout pour but que le Prince ne tentât pas, 
pendant la nuit, de s'emparer des points de la 
ville, jusqu'alors inoccupés par ses troupes. 

Quant à renvoyer le parlementaire sans l'ex- 
poser à de graves dangers, il ne,pouvait en être 
question, car le peuple n'y eût vu qu'un acte de 
trahison. 

D'un autre côté, il n'était pas facile non plus 
pour d'autres d'arriver, à travers la fusillade, 
auprès du prince Frédéric, qui était hors la 
porte de Schaerbeek. 

Le moyen qui offrit le plus de chances d'y 
réussir, c'était d'en charger quelques personnes 
par différentes directions. 

Nous fîmes donc appel aux hommes de bonne 
volonté sachant monter à cheval. L'un des pre- 
miers qui se soient présentés, était M. Bertcn. 
Il vit M. le colonel de Gumôens, qu'il connaissait 
et qui même l'engagea à monter son cheval, ce 
qu'il fit. Pour tâcher d'arriver au but de sa mis- 
sion, M. Berten avait pour instruction de sortir 
par la porte de Louvain ; il partit au plus vite. 

Comme il n'y avait aucune autorité à l'hôtel 
de ville, nous résolûmes de nous y rendre et, en 
attendant une réponse du Prince, nous nous y 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 25 

donnâmes rendez-vous pour sept heures du soir. 

Lorsque nous nous présentâmes à la porte de 
la rue de l'Amigo, le concierge nous dit qu'il n'y 
avait plus personne, que l'hôtel de ville était 
complètement désert. 

Le peuple avait pris l'habitude de l'envahir du 
côté de la Grand'Piace; je crus donc prudent de 
demander au concierge de nous conduire dans 
une des salles du premier étage du côté de 
l'Amigo. Nous nous installâmes ainsi dans le 
cabinet du bourgmestre. 

L'assemblée qui s'y trouvait réunie se com- 
posait d'une quinzaine de personnes, quel- 
ques-unes de ma connaissance et d'autres qui 
m'étaient totalement inconnues. 

La première chose dont on s'occupa fut d'élire 
un président et l'on me désigna. Je consentis à 
accepter ce rôle, pour le moment, lorsque 
M. Berten, de retour de sa mission auprès du 
prince Frédéric, nous remit la réponse du 
Prince à la lettre de M. le lieutenant-colonel de 
Gumôensque M. Berten était parvenu à remettre 
aux mains du Prince. 

Cette réponse, qui était à notre adresse, était 
une proclamation conçue en ces termes : 

« J'étais venu par l'ordre de mon auguste 
a père vous apporter des paroles de paix ; je 



.- 



B 



26 NOTES HISTORIQUES LT BIOGRAPHIQUES. 

« comptais franchement sur votre coopération 
« pour le maintien de la tranquillité. J'ai été 
« vivement affligé par les événements de cette 
« journée; ils ont navré mon cœur; cependant 
« il vous est encore ouvert : que la garde bour- 
« geoise s'unisse aux troupes de Sa Majesté et 
« alors je ferai étendre un oubli généreux sur 
« toutes les choses passées. 

(Signé) « Frédéric. 

« Bruxelles, le 23 septembre. » 

La lecture de cette proclamation à peine finie, 
je proposai de désigner une commission qui se 
rendrait la nuit même auprès du prince Fré- 
déric dans le but, avant tout, de faire retirer les 
troupes à une certaine distance de la ville. 

On procéda à la nomination de cette députa- 
tion, mais sur ces entrefaites l'on vint dire que 
le baron d'Hoogvorst, chef de la garde bour- 
geoise, se trouvait dans les environs. 

Je demandai, en conséquence, à l'assemblée 
si l'on devait considérer comme autorité consti- 
tuée le groupe qui accompagnait le baron 
d'Hoogvorst ou bien notre assemblée : la ques- 
tion fut résolue en faveur de la nôtre. 
La commission qui devait se rendre au quar- 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 27 

tier général du prince Frédéric, établi hors, la 
porte de Schaerbeek, fut composée, entre autres, 
du baron d'Hoogvorst, Delfosse, avocat, et du 
baron F. de Coppyn. Elle pouvait s'y rendre 
directement, M. Berten nous assurant qu'après 
la lecture de la lettre du lieutenant-colonel de 
Gumôens, le Prince avait donné les ordres pour 
que, en attendant, on fît cesser les hostilités. 

Cette députation était sur le point de réussir 
à convaincre le Prince de la nécessité de retirer 
les troupes, lorsque le général Constant de 
Rebecque, chef d'état-major, rentra d'une 
reconnaissance qu'il avait faite et vint dire au 
Prince que l'on ne se gardait en aucune façon 
et qu'il n'avait pas rencontré une seule sentinelle 
du côté de la défense. 

Ce rapport fil changer d'avis au Prince et les 
négociations furent rompues. 

Après le départ de la députation envoyée 
au commandant des forces hollandaises, l'hôtel 
de ville se vida peu à peu et, vers le milieu de la 
nuit, je restai seul, attendant avec anxiété le 
retour des délégués qui tardaient à revenir et 
dont les retards m'inquiétaient beaucoup. 

Ils ne rentrèrent que vers le point du jour. 

Environ à la même heure quelques personnes 
se rassemblèrent à l'hôtel de ville et parmi elles 






28 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

se trouvaient : M. Rogier, M. Michiels (depuis 
colonel de la garde civique). M. de Coppyn, 
M. Vanderlinden et d'autres bourgeois de la ville. 

Je saisis ce moment pour leur déclarer que, 
me trouvant complètement seul, je les priai 
d'aviser à nommer une commission qui serait 
investie des pouvoirs nécessaires pour constituer 
une autorité dont l'urgence se faisait impérieu- 
sement sentir. 

D'une voix unamine l'on désigna M. Rogier, 
puis le baron d'Hoogvorst, on m'engagea et 
M. Rogier que j'avais rencontré le 21 à l'hôtel 
de ville, ainsi que M. Michiels, insistèrent pour 
me faire accepter également cette mission diffi- 
cile et dangereuse ; MM. le baron F. de Coppyn 
et J. Vander Linden se chargèrent des fonctions 
de secrétaires et nous installâmes une autorité 
sous la dénomination de Commission adminis- 
trative. 

Notre premier acte fut la proclamation dont 
voici le texte : 



PROCLAMATION. 



« Depuis deux jours Rruxelles est dépourvue 
« de toute espèce d'autorité constituée ; 1 ener- 
« gie et la loyauté populaires en ont tenu lieu ; 
« mais tous les bons citoyens comprennent qu'un 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 



29 



« tel état de choses ne peut durer sans compro- 
« mettre la ville et le triomphe d'une cause, 
« dont le succès dès hier est assuré. 

« Des citoyens, guidés par le seul amour du 
« pays, ont accepté provisoirement un pouvoir 
« qu'ils sont prêts à remettre en des mains plus 
<( dignes, aussitôt que les éléments d'une auto- 
« rite nouvelle seront réunis. Ces citoyens sont : 
« MM. le baron Emmanuel Vanderlinden d'Hoog- 
« vorst, de Bruxelles, Charles Rogier, avocat à 
« Liège, et Jolly, ancien officier du génie. 

« Ils ont pour secrétaires : MM. F. de Coppyn 
« et J. Vander Linden, de Bruxelles. 

« Bruxelles, le 24 septembre 1830. » 

Cette proclamation fut accueillie avec enthou- 
siasme et dès ce moment la commission adminis- 
trative fut investie d'une autorité réelle à laquelle 
le pays entier se rallia. 

Elle prit ensuite, le 26 septembre de bonne 
heure, le nom de gouvernement provisoire. 

Le gouvernement se composa donc, dès le 
24 septembre, de grand matin, de MM. Charles 
Rogier, le baron Emmanuel d'Hoogvorst et Jolly. 

MM. F. de Coppyn et J. Vander Linden, 
secrétaires. 

Le 25 septembre, M. le secrétaire Vander 
Linden fut nommé trésorier et M. l'avocat Wico- 






30 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

laï le remplaça le même jour comme second 
secrétaire. 

Le 26, le gouvernement s'adjoignit MM le 
comte Félix de Mérode, A. Gendebien et Sylvain 
Van de Weyer. 

Le 28, il s'adjoignit encore M. de Potter qui 
venait de rentrer en Belgique. 



Il 



NOTICE DE M. J. VANDER LINDEN. 



Dès le 31 août, des barricades avaient été 
élevées à toutes les issues de la ville depuis la 
porte d'Anvers jusqu'à la porte de Namur ; de 
toutes parts les signes précurseurs d'une révo- 
lution faisaient présager la lutte. Lorsque le 
prince d'Orange entra à Bruxelles le 1 er septem- 
bre, accompagné seulement de son état-major, 
il fut même obligé de franchir avec son cheval 
une barricade établie rue de l'Hôpital. 

Ces barricades avaient été faites avec l'assenti- 
ment et même par les ordres de l'état-major de 
la garde bourgeoise, à la tête de laquelle étaient 
placés comme commandant en chef le baron 
Emmanuel Vanderlinden d'Hoogvorst et comme 
commandant en second le baron Vander Smissen . 

Le 10 septembre MM. Meeus, Max Delfosse 
et J. Vander Linden furent nommés par la 



« ... 



32 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

régence membres d'un comité chargé des 
recettes et dépenses de la garde bourgeoise. 

J'ai sous les yeux les originaux des quittances 
revêtues du bon à payer de la commission 

J'en transcris deux au hasard : 

« Déboursé pour les barricades 5 florins 
« 62 cents '/, pour main-d'œuvre. . S 62 V 2 

« Dix jours employés aux travaux 
« à deux florins par jour font . . 20 » 

Total : 25 62 l / 2 
« Vu bon à payer par la commission d'admi- 
« nistration. 

« Vajvder Linden. 
« Pour acquit. Langlois. 
« Bruxelles, 15 septembre 1830. » 

« Doit la garde bourgeoise à Aug. Lammens 
« pour livrance faite d'après les ordres du com- 
« mandant en second, comme suit : 

« 3 septembre. Deux barils grosse 
« P oudre 40 „ 

« 7 septembre. Un baril poudre super- 

« fine . . . a 

40 » 



Total : 86 
« Bruxelles, 15 septembre 1830. 

« Acg. Lammens. 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 33 

« Vu bon à payer par le conseil d'adminis- 
« tration. » 

« Max Delfosse. » 

Une souscription publique fut ouverte pour 
subvenir à ces dépenses dont le caractère était 
évidemment révolutionnaire. 

Parmi les noms des souscripteurs, nous voyons 
figurer le duc d'Arenberg, les comtes Félix et 
Henri de Mérode, le comte d'Andelot, le cheva- 
lier Vanderfosse, Dumont, membre des États- 
Généraux, Repelaer Van Driel, gouverneur de 
la Banque, le comte de Celles, Ch. de Brouckere, 
Le Hon , Gendebien , baron Vander Linden 
d'Hoogvorst, vicomte de Jonghe, Barthélémy, 
Rouppe, marquis de Trazegnies, baron Joseph 
Vander Linden d'Hooghvorst, etc. 

Voilà donc toutes les classes de la société 
témoignant par des actes publics leur hostilité 
contre le gouvernement. 

Que l'on ne vienne pas prétendre que ces 
manifestations avaient pour but de maintenir 
l'ordre en permettant à la garde bourgeoise 
de réprimer, s'ils se produisaient de nouveau, 
des désordres comme ceux du 25 août. 

Ce n'est évidemment pas dans ce but que la 
garde bourgeoise faisait élever des barricades. 



&■ 






34 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUE. 

Le baron d'Hooghvorst avait reçu de diverses 
villes de provinces tant d'offres de secours, qu'il 
fut obligé, le huit septembre, d'engager les habi- 
tants des villes et des campagnes a suspendre 
leur marche. 

Le 20 septembre il fut déjà question de créer 
un gouvernement provisoire, ainsi que le prou- 
vent les termes d'un placard qui fut affiché par- 
tout à Bruxelles : 

« Un gouvernement provisoire s'organise : 
« sa formation sera connue sans retard. On dit 
« qu'il sera composé comme suit : 

« Le comte Félix de Mérode. 

« Gendebien, avocat. 

« Le baron de Stassart, député aux États- 
« Généraux. 

« Le comte d'Oultremont, de Liège. 
« Raikem, avocat, député aux États-Généraux 
« De Potter. 
« Sylvain Van de Weyer. 
« Bruxelles, 20 septembre 4830 ('). » 
H n'y a pas bien loin de la formation d'un 
gouvernement révolutionnaire à une révolution 
et l'orage était bien près d'éclater. 
Aussi l'ordre donné par le roi Guillaume, 

H Dans Tâprès-midi -une troupe armée parcourut les 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 35 

le 25 septembre, à ses troupes d'entrer à 
Bruxelles ne fut que l'étincelle qui met le feu 
aux poudres. 

Pendant toute la journée du 23 septembre, 
l'hôtel de ville resta désert; les portes en étaient 
fermées; le concierge fut la seule personne qui 
occupa l'édifice communal jusque vers huit 
heures du soir. 

Dans le courant de l'après-midi, M. Mellinet, 
depuis général, apprenant que M. le colonel de 
Gumoëns, parlementaire du prince Frédéric, 
avait été saisi par le peuple furieux qui menaçait 
de lui faire un mauvais parti, courut chercher 
M. Jolly. ancien officier du génie; aidés de quel- 
ques citoyens courageux, parmi lesquels se 
trouvaient MM. Max Delfosse et Michiels, colonel 
dans la garde bourgeoise, ils parvinrent à réfu- 
gier M. de Gumoëns dans la caserne des pom- 
piers. 

principales rues de la ville ; au centre de cette colonne était 
déployé un drapeau sur lequel on lisait : 



GOUVERNEMENT PROVISOIRE. 

de Potter. 
Gendebien. 
d'Oultremont, de Liège. 



3(i NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

Les assistants, qui ne représentaient du reste 
aucune autorité constituée, prirent connaissance 
de la dépêche de l'envoyé hollandais, dépêche 
par laquelle le prince Frédéric proposait d'en- 
trer en négociations ; il fallait répondre ; on se 
décida à envoyer une députation au prince; 
MM. Max Delfosse, De Coppyn et Palmaert se 
chargèrent de cette mission ; ils s'adjoignirent 
M. le baron d'Hooghvorst, qui n'était pas à ce 
moment avec eux, mais qu'ils allèrent trouver. 

La nuit était venue; M. Jolly, accompagné de 
quelques personnes, quitta la caserne des pom- 
piers et se rendit à l'hôtel de ville ; les portes en 
étaient fermées ; on frappa à la porte de la rue 
de l'Amigo, et ce ne fut qu'en entendant quel- 
ques noms de Bruxellois bien connus que le 
concierge consentit à ouvrir ; des lampes furent 
allumées dans le cabinet du bourgmestre, où 
l'on s'installa. 

Parmi les personnes qui entrèrent à ce 
moment ou pendant la nuit dans l'hôtel de ville, 
je puis citer, entre autres, MM. Brinckx, Félix 
Delfosse, Michiels, Vermeulen, De Cock, Perrin, 
Engelspach-Larivière, De Coppyn, Joseph Van- 
der Linden. 

Un seul citoyen y avait pénétré avant eux : 
c'était M. Charles Rogier, qui, en rentrant à 



ilttarf 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 



37 



Bruxelles à la chute du jour , et apprenant 
que l'on négociait avec le Prince, s'était rendu 
à l'hôtel de ville, et n'y trouvant personne, avait 
laissé sur une table une protestation écrite et 
signée de sa main. 

Pendant toute la nuit ce fut une causerie 
animée sur les événements de la veille, un 
échange d'avis sur la conduite à tenir le lende- 
main; on sortait, on rentrait, on rapportait des 
nouvelles. Vers l'aube M. Max Delfosse revint et 
rendit compte de l'insuccès de sa mission auprès 
du prince Frédéric. 

A ce moment la réunion était devenue plus 
nombreuse ; on parlait de constituer une auto- 
rité centrale pour donner au mouvement une 
direction et un sentiment d'ensemble. Les noms 
se discutaient dans les groupes et bientôt on 
acclama M. Charles Rogier, l'énergique et popu- 
laire commandant des volontaires liégeois, et 
M. Jolly, qui pouvait, en sa qualité d'officier du 
génie, rendre de grands services; ils acceptè- 
rent tous deux. 

M. le baron d'Hooghvorst, qui venait d'entrer, 
fut également invité à faire partie du comité ; 
son nom servait de trait d'union entre la bour- 
geoisie et la noblesse. 

Il accepta à condition qu'on lui adjoignît 



.. 



mBI 



) 



38 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

MM. Joseph Vander Linden et de Coppin, avec 
lesquels il était lié. 

Ces cinq citoyens formèrent la Commission 
administrative. 

A peine cette autorité révolutionnaire était- 
elle installée que M. Charles Rogier prit la plume 
et rédigea la proclamation suivante : 

« Depuis deux jours Bruxelles est dépourvu 
« de toute espèce d'autorité constituée, » etc. ('). 
Cette proclamation fut immédiatement portée 
chez Bols-Wittouck, le courageux imprimeur 
qui mit, dès le premier jour, ses presses à la 
disposition de la révolution. 

Dans la même journée la commission admi- 
nistrative lança une nouvelle proclamation pour 
encourager les combattants et pour appeler aux 
armes toute la population bruxelloise. 

Ces exhortations patriotiques n'étaient pas 
inutiles, car le combat était loin d'être fini ; un 
retour énergique des Hollandais pouvait tout 
compromettre, si l'on n'était pas prêt à les 
recevoir. 

Le 24 septembre, à sept heures du soir, 
MM. Gendebien et Van de Weyer arrivèrent à 
Bruxelles. Le lendemain, ils se rendirent à l'hôtel 



(') Voir ci-dessus, p. 30. 






mwm 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 39 

de ville. Dans la nuit du 25 au 26, le gouverne- 
ment provisoire fut définitivement constitué 
et composé des cinq membres de la commission 
administrative et de MM. Gendebien, Van de 
Weyer, comte Félix de Mérode et J. Nicolaï, 
avocat à la cour de Bruxelles ('). 

Les Hollandais étaient encore à Bruxelles, et 






(') .. Des conférences, des pourparlers eurent lieu dans 
la nuit ; on n'en connut le résultat que le lendemain matin 
par la proclamation suivante qui fut affichée sur tous les 
murs : 

« GOUVERNEMENT PROVISOIRE. 

« Vu l'absence de toute autorité, tant à Bruxelles que 
dans la plupart des villes et des communes de la Belgique ; 

« Considérant que, dans les circonstances actuelles, un 
centre général d'opérations est le seul moyen de vaincre nos 
ennemis et de faire triompher la cause du peuple belge ; 

« Le gouvernement provisoire demeure constitué de la 
manière suivante : 

« MM. le baron Vander Linden d'Hooyvorst ; Ch. Rogier; 
le comte Félix de Mérode; Gendebien; S. Van de Weyer; 
Jolly; J. Vander Linden, trésorier; baron F. de Coppin, 
J. Nicolay, secrétaires, 

« Bruxelles, le 26 septembre 1830. » 

{Suivent les signatures.) 

Esquisses historiques de la révolution de la Belgique en 1850 
(Bruxelles, 1830), pp. 413 et 448. 



m \v\ 






40 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

c'est en face de l'ennemi que ees courageux 
citoyens assumèrent la responsabilité des événe- 
ments : û n'y a pas d'exagération à dire qu'ils 
exposaient leur vie en signant des proclamations 
révolutionnaires et que le danger qui les mena- 
çait, en cas de défaite, était aussi grand que 
celu, auquel s'exposaient les combattants 

A deux reprises différentes le prince Frédéric 
envoya à l'hôtel de ville des parlementaires pour 
entamer des négociations: il demandait à s'en 

treteniravecM.lebarond'Hoogvorst,etce 
fu prmcipalement M. Rogier qui empêcha son 
collègue d aller trouver le prince. 
La première dépêche fut apportée par M de 

Ravenne officier des lanciers , la réponse, dans 
laquelle la commission administrative exigeait 
eomme base des négociations le retrait immédiat 
des troupes à huit lieues de la ville, fut portée 
par le lieutenant-colonel Pietinckx . qui fut 
retenu prisonnier par les Hollandais et envové 
a Anvers, contrairement au droit des gens 

A la seconde dépêche il ne fut répondu que 
par ces mots écrits par M. Rogier sur la lettre 
même du prince : 

« On ne traite pas avec des incendiaires ' ,, 
Quant au comte de Mérode, il s'était effecti- 
vement retiré le 22 au château de Trelon en 



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NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 41 

France, et il expliqua loyalement sa conduite 
dans la lettre suivante : 

« Monsieur le rédacteur du Courrier 
« des Pays-Bas. 

« Vous avez relevé comme inexact l'article 
d'un journal qui signalait avant-hier l'absence 
de quelques membres du gouvernement pro- 
visoire aux jours du danger. Cette feuille ne 
s'est pas trompée, du moins à mon égard, et 
je me plais à le reconnaître, ne cherchant 
nullement à m'attribuer un honneur auquel je 
n'ai pas droit. La veille du jour où Bruxelles fut 
attaqué, je n'attendais aucune résistance utile, 
et persuadé qu'il n'existait plus de moyen 
«actuel d'agir pour l'indépendance belge, je 
m'étais décidé à chercher un refuge sur le 
sol français. Si dès les premiers succès obtenus 
par le courage du peuple, mon nom a paru 
dans les actes du gouvernement national, 
c'est parce que je m'étais déclaré prêt à me 
dévouer à tout ce qui serait dans les intérêts 
de la cause patriotique et que j'avais prouvé 
cette résolution en acceptant, le 20 septembre, 
les fonctions de membre d'un gouvernement 
provisoire qui n'a pu alors être institué. 
« L'acte politique dont j'ai consenti à /subir 




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À 



NOTES HISTORIQUES E T BIOGRAPHIQUES. 

« les chances, non moins périlleuses que les 
-hasards des combats, ne me permettant 
« po-rt cependant de laisser supposer " e a 
« coneouru à l'héroïque défense de notre cani- 
« taie, je viens vous prier, monsieur le rédac- 
« teur, de vouloir bien publier cette lettre et 
« d agréer, etc. 

« O Feux de Mérode. 
« Bruxelles, 15 octobre i 830. » 

J'ai souligné, dans cette lettre, les mots qui 

~ 7\ ! m ° n -s, la situation de cl 
époque les hommes de l'hôtel de ville aussi bien 
que les hommes des barricades couraient des 

dangers; c'est IWmble de ces efforts et de 
ces dévouements qui a fait le succès 






INAUGURATION DE LA STATUE D'ALEXANDRE GENDEB1EN. 






Le 26 septembre 1874 a été inaugurée, en 
présence d'une nombreuse assistance, la statue 
élevée à la mémoire d'un ancien membre du 
gouvernement provisoire. Cette statue a été 
érigée sur la place du Palais de Justice à 
Bruxelles, à l'aide du produit d'une souscription 
publique. La cérémonie a eu lieu en présence 
du bourgmestre, des échevins, de plusieurs 
membres du conseil communal, des membres 
du comité qui a organisé la souscription, des 
fils d'Alex. Gendebien et de plusieurs autres 




44 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

personnages parmi lesquels M. Ch. Rogier, 
ministre d'État, lui aussi, ancien membre du 
gouvernement provisoire. 

M. François-Julien De Bonne s'est d'abord 
exprimé en ces termes : 

« Au nom des amis d'Alex. Gendebien, et de 
toute sa famille qui nous entoure, nous expri- 
mons aux honorables magistrats de la com- 
mune notre vive reconnaissance pour leur bien- 
veillant concours et l'honneur qu'ils nous font 
d'assister à l'inauguration de l'image d'un de 
nos grands citoyens. 

« Un pays s'honore en honorant la mémoire 
des citoyens qui l'ont servi avec courage , 
dévouement et loyauté. 

« Alexandre Gendebien a puissamment con- 
tribué à fonder notre nationalité méconnue 
depuis des siècles. 

« H a mis au service de la patrie ce que 
l'homme a de plus cher; père d'une nombreuse 
famdle, il a combattu avec deux de ses fils. 

« En élevant ce monument nous rappelons à 
la génération nouvelle les exemples qu'elle doit 
suivre. 

« C'est aussi un témoignage de la reconnais- 
sance nationale, et je suis heureux, moi le plus 



a 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 45 

vieux des amis de Gendebien et son ami le plus 
vieux, de pouvoir encore assister à la consécra- 
tion de ce souvenir. 

« Une bouche plus capable justifiera mieux 
que je ne puis le faire les titres de Gendebien 
aux hommages que nous lui rendons. » 

M. le baron Ch. Coppens, président du comité 
de souscription, rappela ensuite les titres d'Alex. 
Gendebien à la manifestation solennelle dont sa 
mémoire était l'objet; puis M. Anspach, bourg- 
mestre de la capitale, prit la parole et dit : 

« Messieurs, 

« L'administration communale, en venant 
prendre part à la cérémonie de ce jour, aime à 
se souvenir que le grand citoyen dont nous glo- 
rifions la mémoire a consacré , après avoir 
quitté les luttes parlementaires, sa féconde et 
intelligente activité au service de la capitale. 

« Il a, pendant plusieurs années, siégé dans 
les conseils de la commune et il a collaboré aux 
mesures qui préparaient la splendeur et la pros- 
périté de la ville de Bruxelles. 

« Et en fait, cette prospérité et cette splen- 
deur ne sont-elles pas son œuvre conjointement 
avec les hommes de 1830? Ces révolutionnaires 









46 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

ont fait la patrie libre et heureuse et la capitale 
en est devenue l'image et le reflet. 

« Ce sera leur étemel honneur d'avoir prévu 
les brillantes et durables conséquences des 
idées auxquelles ils se dévouaient; sans doute 
il est beau de compromettre, pour le triomphe 
d aspirations patriotiques, fortune, liberté 
existence même ! Mais les palmes deviennent 
immortelles quand le temps a montré l'utilité et 
la grandeur de l'œuvre accomplie. 

« Après bientôt un demi-siècle de paix 
■d'ordre et de liberté, on éprouve un pur respect 
pour ceux qui ont été la cause première d'aussi 
grands bienfaits, et quand un des membres de 
cette glorieuse phalange tombe, emporté par 
Ja mort, c'est pour renaître vivant dans le sou- 
venir et dans la reconnaissance de tous. 
« Ainsi en est-il pour Gendebien 
« Que dire encore de lui après les éloges 
légitimes que vous avez entendus dans la bouche 
des orateurs qui m'ont précédé? Nous sera-t-il 
permis d'ajouter un mot qui met en relief ce qui 
fut un des traits distinctifs de son caractère : 
1 abnégation personnelle. 

« <ta ne saurait se rappeler sans émotion 
que dans cette mémorable séance du Congrès 
relative à la forme du gouvernement, Gendebien 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 47 

sacrifia ses désirs les plus chers aux intérêts de 
la révolution et à la stabilité de la patrie nais- 
sante en votant, lui républicain, pour la monar- 
chie constitutionnelle. 

<c De sorte que, si l'association des mots 
n'était pas étrange, on pourrait l'appeler le 
révolutionnaire conservateur. 

« Messieurs , acceptons comme un dépôt 
sacré ce monument des mains des citoyens 
dévoués dont l'intelligente initiative a permis à 
la reconnaissance publique de prendre une 
forme sensible. 

« Cette œuvre d'art, due au ciseau d'un de 
nos artistes les plus distingués ('), est désormais 
un des ornements de notre cité et perpétuera 
le souvenir d'une des gloires les plus pures de 
notre pays. » 

Après ce discours, acclamé par l'assistance 
tout entière, le voile qui couvrait la statue fut 
enlevé, et l'image de l'ancien membre du Gou- 
vernement provisoire apparut aux regards du 
public. M. Gendebien est représenté dans l'atti- 
tude qu'il eut à la Chambre des Représentants, 
en 1839, au moment solennel du vote du traité 

(') M. Vander Stappen. 



•. .. 



48 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

de paix dit des vingt-quatre articles. De la 
main gauche il tient un écrit; c'est son vote 
négatif exprimé en ces termes : Non ! « trois 
cent quatre-vingt mille fois non! pour autant 
de Belges que vous sacrifiez à la peur! » 



V 









LEOPOLD l (r ET LE PRINCE DE LIGNE. 



Le chef d'une antique et illustre maison a tenu 
une place éminente sous le règne de Léopold 1 er . 
Après avoir décliné en 1831 l'offre de la lieute- 
nance générale du nouvel État (') , le prince de 
Ligne estima cependant que son nom ne lui 
permettait ni l'abstention, ni l'isolement. Repré- 
sentant du roi des Belges au couronnement de 
la reine Victoria, ambassadeur en France pen- 
dant plus de six années, puis en Italie dans les 
circonstances les plus dramatiques, président du 
Sénat de Belgique, de nouveau représentant du 

(<) Voir notre Histoire du Congrès national, liv. 1", 
chap. XIII. 



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I 



■ 






50 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

roi des Belges au couronnement du czar Alexan 
dre II, le prince de Ligne s'est signalé par de 
grands services et a bien mérité du pays S'il 
nous était permis de faire ici l'éloge de ce per- 
sonnage éminent, nous dirions qu'il a hérité de 
son grand-père, le célèbre feld-maréchal, une 
grande finesse d'esprit et une rare perspica- 
cité (■). Il possède incontestablement les princi- 
pales qualités du diplomate. 

Dans sa longue carrière, le prince de Ligne a 
entretenu les rapports les plus affectueux avec 

J^Wopoidl-^apuétudieràloiaircrt 
i lustre souverain et le juger dans des circon- 
stances diverses. Il est un de ceux qui certes 
ont le m.eux connu le fondateur de notre dynas- 
tie nationale. J 

Aussi lira-ton avec un grand intérêt quelques 

V) Voici ce qu'un publiciste célèbre disait en 1809 du 
héros d'Oczakow et. de Belgrade : «... U octobre 1809 J'ai 
renoué mes anciens liens avec le prince de L lg ne. Ce vieil- 
lir , ou, «ce viens radoteur, ,. comme nos grands diplo- 
mates se P la.sent à l'appeler, a mieux vu et mieux jugé les 
choses que nous autres. J'ai honte d'avoir pu le sacrifier au 
vain caquet des coteries. Il m'a cependant reçu, comme si 
Ja maiS il ny avait eu d'éloignement entre nous, et nous 
nous sommes mieux entendus que jamais... ,. Tagebucker 
von Friedrich von Gentz, t. I», p. 193. 






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NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 51 

souvenirs, quelques entretiens, que nous devons 
à la bienveillance du prince. Us jettent de nou- 
velles lueurs sur l'histoire contemporaine et 
complètent nos précédentes appréciations. 

« Le roi Léopold sera compté parmi les plus 
illustres de ses contemporains. Le rôle qu'il a 
joué dans l'histoire, non-seulement pendant le 
cours de son règne en Belgique, mais , on peut 
le dire en Europe, fut considérable. Son inter- 
vention officieuse dans les affaires où il était 
consulté et son arbitrage faisaient , pour ainsi 
dire, force de loi parmi les souverains et auprès 
des cabinets qui avaient recours à ses lumières, 
et cela sans jamais compromettre en rien la 
neutralité de la Belgique. 

« Son influence sur lord Palmerston et d'autres 
hommes politiques de l'Angleterre a contribué 
puissamment à aplanir, tant pour notre pays que 
pour d'autres, les difficultés les plus épineuses. 

" S'il sut, par sa sagesse, son habileté, sa 
loyauté dans la pratique des institutions d'une 
monarchie constitutionnelle, fonder une dynas- 
tie nationale dans le pays qu'il avait adopté ; si, 
par son union avec la princesse, fille du roi 
Louis-Philippe, il sut donner des garanties de 
stabilité à son trône ; si, par le mariage du prince 



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* 






52 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

Albert, son neveu, avec la reine Victoria d'An- 
gleterre, il nous assura une alliance qui, jus- 
qu'ici, eut les plus heureux résultats pour raf- 
fermir notre indépendance et notre nationalité; 
si, par l'union d'un autre prince de la maison de 
Saxe-Cobourg avec la reine Dona Maria de Por- 
tugal, il sut établir sa dynastie sur un troisième 
trône, ce fut sans aucune secousse et avec la" 
sanction et l'assentiment des peuples. 

« Ce prince, à la destinée duquel une étoile 
heureuse semble s'être attachée, usa de la for- 
tune, mais n'en abusa jamais. Il la guida au lieu 
de se laisser entraîner par elle. En voici un 
exemple. 

« Lorsqu'il fut question du mariage de la 
reine Isabelle d'Espagne avec un infant, j'étais 
ambassadeur à Paris. Un parti considérable 
à Madrid voulait porter au trône un autre 
prince, neveu du roi Léopold. Plusieurs per- 
sonnages politiques, très-influents sur l'esprit 
du pays, regardaient cette dernière alliance 
comme devant raffermir les relations de la Pénin- 
sule avec l'Angleterre et le Portugal. La pre- 
mière de ces deux puissances était très-favorable 
à cette combinaison. J'eus, à ce sujet, plusieurs 
entretiens avec M. le marquis de Miraflores, 
mon collègue au couronnement de S. M. la 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 53 

reine d'Angleterre et qui était à Paris en ce 
moment. 

« Je crus devoir en informer le roi Léopold. 
Sa Majesté repoussa bien loin cette idée, mal- 
gré la perspective très-tentante d'un quatrième 
trône pour sa race. En effet, ces mariages espa- 
gnols furent considérés comme une grande faute 
commise par le roi Louis-Philippe et son ministre, 
M. Guizot. 

« Le roi Léopold avait prévu , avec sa pru- 
dence et sa perspicacité ordinaires , que , pour 
peu qu'il eût prêté la main à cette combinaison, 
c'eût été se brouiller à tout jamais avec le roi 
Louis-Philippe et son gouvernement et risquer 
de porter un coup funeste aux bonnes relations 
de la France avec la Belgique. 

« Lord Normanby eut l'obligeance alors de 
me donner lecture , à différentes reprises , des 
dépêches très-remarquables de lord Palmers- 
ton, qui ne pardonna pas à M. Guizot et au roi 
des Français lui-même leur persistance à pour- 
suivre une politique qu'il considérait comme la 
suite de celle de Louis XIV, lorsque , par l'élé- 
vation de son petit-fils, le duc d'Anjou, au trône 
des successeurs de Philippe II, il faisait dire 
« qu'il n'y aurait plus de Pyrénées. » 

« Le roi Léopold, fort de son abstention dans 



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54 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

ces intrigues matrimoniales, s'attacha à calmer 
l'irritation de la reine Victoria et du chef du 
Foreign-Oflîce, et usa de son influence à l'effet 
de prévenir les très-sérieuses conséquences d'une 
rupture entre les deux puissances. 

« En I84S, je fus chargé de conclure un traité 
de commerce avec la France. Le Roi avait , à 
cette occasion, étudié la question des toiles, dans 
l'intérêt des Flandres, avec le même dévoue- 
ment et les mêmes connaissances en cette 
matière que s'il fût né Belge. Il tenait beaucoup 
à ménager, dans de meilleures conditions sur 
le marché français, l'entrée de cet important 
fabricat, l'une des gloires industrielles de la 
Belgique. Sa Majesté seconda mes efforts afin 
d'obtenir les résultats les plus favorables à ces 
négociations qui avaient pour but la prospérité 
de l'industrie nationale. Rien, du reste, de ce 
qui concernait l'ensemble des intérêts du pays 
ne lui était étranger. 

Il fut alors question de la révolution de 1848, 
et le Prince poursuivit : 

« Lors des trop fatals événements de 1848. 
le Roi donna de nouvelles preuves de sa sagesse 
et de sa prudence, en faisant disparaître toutes 
les méfiances que le gouvernement provisoire du 




NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 55 

24 février aurait pu concevoir , à l'égard d'un 
souverain voisin, gendre de celui qui venait 
d'être renversé. 

« J'avais pris l'initiative de faire, le surlende- 
main de cet événement, une visite toute per- 
sonnelle (n'ayant plus de caractère officiel) à 
M. de Lamartine que je connaissais, et, sous le 
prétexte de le féliciter de ce qu'aucun excès 
populaire n'avait jusque-là signalé cette révo- 
lution si peu attendue, je lui dis que j'étais per- 
suadé, connaissant le caractère de mon auguste 
souverain, que, bien que cet événement dût lui 
être sensible par suite de ses rapports de famille 
avec le monarque tombé, le roi Léopold serait 
belge avant tout et chercherait à ce que les mêmes 
bonnes relations qu'il avait eues avec le gouver- 
nement ancien continuassent avec le nouveau. 
« Je reçus bientôt, de la part de M. d'Hof- 
schmidt, ministre des affaires étrangères, qui 
avait approuvé ma conduite du premier moment, 
des instructions m'accréditant auprès du gou- 
vernement provisoire et m'autorisant à ouvrir 
avec lui des relations officieuses jusqu'à ce 
qu'elles devinssent officielles, lorsque la nou- 
velle forme du gouvernement français aurait 

été adoptée par l'Assemblée constituante dont 

les élections allaient avoir lieu . 



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56 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

<( Je dois àJa mémoire de l'honorable M. d'Hof- 
schmidt de dire ici qu'il était impossible de don- 
ner, dans les circonstances aussi difficiles, des 
instructions empreintes d'une plus parfaite intel- 
ligence et mieux appropriées aux événements. 

« Le roi Léopold se montra à la hauteur de la 
situation. Je pourrais, si la discrétion n'était pas 
un des premiers devoirs du diplomate, le prouver 
par plusieurs lettres que Sa Majesté voulut bien 
m'écrire et que je conserve précieusement. ; je 
pourrais montrer par ces écrits que Léopold 1" 
était un des hommes politiques les plus éminents 
de son temps. 

«M. de Lamartine avait personnellement connu 
le roi des Belges en Italie et professait une véri- 
table admiration pour la manière dont Sa Majesté 
gouvernait notre pays. 

« Très -satisfait d'abord de mes relations avec 
lui, je le fus moins par la suite, car cet évolu- 
tionnaire, plutôt que révolutionnaire politique, 
se laissa entraîner, contre son gré peut-être, 
par quelques-uns de ses collègues qui formaient 
le mauvais côté de ce gouvernement improvisé. 

« Le Roi avait une éminente qualité pour un 
souverain et un homme d'État : la prévoyance. 

« En automne 4847, un de ces signes précur- 
seurs des révolutions, sans gravité apparente, 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 57 

s'était manifesté en France : je veux parler des 
banquets qui s'organisaient sous les auspices des 
chefs de l'opposition. Cela inquiétait notre roi, 
qui savait eombien il fallait peu de chose en 
Francepour exciter les passions. 

« La présence, au milieu de cette agitation 
provoquée par les banquets , de deux membres 
de la famille Bonaparte, les princes Jérôme et 
Napoléon, le préoccupait aussi très-vivement. 
Lorsqu'à la fin d'un congé que j'avais obtenu, 
j'allai prendre les ordres de Sa Majesté, elle me 
chargea d'exprimer au roi Louis-Philippe les 
craintes que lui inspirait ce nom légendaire de 
Napoléon, par suite de laprésence de deux de ses 
représentants en France. Ce nom, ajouta-t-il, 
pourrait faire profiter des circonstances un des 
membres de cette famille, le prinee Louis-Napo- 
léon, et susciter des embarras au gouvernement 
si le séjour en France des Bonaparte, momenta- 
nément autorisé, devenait définitif ('). 



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(') On se rappellera peut-être qu'il était même question 
d'accorder une dotation à l'ancien roi de Westphalie. 

■i Le lendemain de la révolution de février, on trouva 
parmi les papiers qui attendaient la signature royale, deux 
ordonnances, l'une portant allocation d'une pension de cent 
mille francs, accordée au prince Jérôme, et réversible par 
moitié sur la tête de son fils, l'autre élevant le dernier f rèr 



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. 




58 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

« Je ne veux pas écrire au Roi, me dit Sa 
« Majesté, mais attirez la conversation sur ce 
« sujet, et cela dès votre retour à Paris, et faites- 
« lui part de mes appréhensions. » 

« Je suivis exactement les instructions verbales 
dont j 'étais chargé, et, lorsque je communiquai 
à S. M. le roi des Français mon entretien avec 
le roi Léopold, mon auguste interlocuteur traita 
la chose en plaisantant , et me frappant sur le 
bras, selon son habitude familière dans les dis- 
cussions un peu animées, il me dit : « Rassurez 
« le roi Léopold , mon gendre ; il s'inquiète à 
« tort; ce ne sont ni les banquets de veau froid, 
« ni les Bonaparte qui me désarçonneront. Je 
« suis trop ferme sur mon cheval. » 

« Hélas ! les craintes du Roi, si bon prophète, 
se réalisèrent : trois mois après , le Roi, si ferme 
écuyer, était renversé, et quelques mois plus tard, 
le prince Louis-Napoléon arrivait au pouvoir. 

« Si, après la chute de Louis-Philippe, la 
fusion entre les deux branches de la maison 
royale de France ne put s'opérer, cela ne dépen- 
dit pas du roi Léopold. 

« Accrédité près de la Commission du pou- 



de l'empereur à la dignité de pair de France. » Histoire du 
second empire, par Taxile Delord, t. I", p. 15. 



NOTES HISTOKIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 59 

voir exécutif, je reçus un jour la visite de plu- 
sieurs personnages légitimistes dont je dois taire 
les noms, qui me demandèrent d'intervenir offi- 
cieusement auprès du roi Léopold à l'effet de l'in- 
téresser à cette question comme suite naturelle 
et légitime de ses rapports de famille avec les 
princes d'Orléans. Je transmis cette communi- 
cation à Sa Majesté. 

« Le Roi avait prévu, dès que le nom de Louis- 
Napoléon serait prononcé , que ce prince passe- 
rait , en qualité de prétendant , entre les deux 
partis monarchiques trop faibles, étant séparés, 
mais qui, unis, eussent été très-forts pour résis- 
ter aux bonapartistes et aux républicains de 
l'Assemblée. La fusion ne se fit pas. 

« Nommé ambassadeur près le Saint-Siège, 
je rejoignis S. S. le pape Pie IX, à Gaëte, le 
lendemain de son arrivée dans cette ville. C'est 
alors que la prudente action du Roi s'exerça sur 
lord Palmerston afin que le Foreign-Office ne 
s'opposât pas à la réunion de la conférence 
projetée entre les quatre puissances catholiques, 
et dont le but était de s'entendre sur la ques- 
tion du retour du Saint-Père dans ses États. 
Cette conférence se réunit à Gaëte. 

« II en fut de même pour le roi de Naples. 
que la flotte de l'amiral Parker tenait en échec 



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60 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

afin d'empêcher l'armée napolitaine, placée sous 
les ordres du général Filangieri, de faire rentrer 
la Sicile révoltée sous l'autorité royale. 

« L'Angleterre fut accusée, à cette époque, 
d'avoir eu quelques velléités de profiter des 
troubles d'Italie pour s'emparer de ce triangle 
maritime et en faire un lac anglais. Cette puis- 
sance semblait même être secondée par le gou- 
vernement provisoire de la République fran- 
çaise, qui avait envoyé des vaisseaux dans les 
eaux de Naples, vaisseaux à la tête desquels 
était l'amiral Baudin. 

« Lorsque le comte de Ludolph fut chargé 
par le roi des Deux-Siciles de demander des 
explications sur l'attitude de la France vis-à-vis 
de son souverain, M. Bastide, alors ministre des 
affaires étrangères, lui répondit : « Comment 
« voulez-vous que nous prenions fait et cause 
« pour un roi dans sa querelle avec son peu- 
ce pie (') ! » 



(') Le représentant de Ferdinand II ayant aussi invoqué 
les traités de 1815 sur lesquels étaient fondés les droits du 
Roi, M. Bastide ajouta : « Monsieur, vous me parlez toujours 
des droits de la couronne de Naples et des traités de 1815, 
mais rappelez-vous donc bien une chose, c'est que la France 
entière déteste jusqu'au nom de ces traités, c'est que l'on 
m'a reproché et l'on me reproche encore d'avoir négligé 






NOTKS HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 61 

« Ainsi , la règle de conduite de ces républi- 
cains était donc : périsse l'influence de notre 
pays et que bon marché soit l'ait d'une saine 
politique extérieure, plutôt que de sacrifier un 
principe ! 

« J'étais accrédité à cette époque auprès du 
roi Ferdinand, et j'ai donc pu, par moi-même, 
juger de ces événements. 

« Les relations du roi Léopold avec ses minis- 
tres et ses chefs de missions envoyés près des 
cours étrangères étaient toujours marquées par 

l'occasion offerte par les événements du 13 mai défaire 
canonner le palais même du roi de Naples, que le peuple 
de France regarde comme le pire de tous les Bourbons. Ce 
sentiment n'est pas, comme vous le pourriez croire, exclu- 
sivement celui de ce qu'on appelle ici la république rouge ; 
il est partagé par la presque unanimité de la nation et de 
l'Assemblée. N'oubliez pas que la révolution de 1 830 et celle 
de 1848 ont été, en très-grande partie, faites en haine des 
traités de 181 5. Une opinion très-puissante existe, qui veut 
que ces traités soient déchirés, même par la guerre, et le 
désir d'avoir recours aux armes est tellement répandu, qu'il 
a donné lieu, en ces derniers temps, à une bien triste 
méprise, lorsque nous avons vu plusieurs départements 
donner leurs voix à un Bonaparte, uniquement parce qu'il 
portait le nom d'un grand général... » La République fran- 
çaise et l'Italie en 1848 par Jules Bastide, ancien ministre 
des affaires étrangères de France (édit. de Bruxelles), p. 186. 



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62 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

la plus parfaite bienveillance. Son âge, son 
expérience, son attitude calme au milieu des 
difficultés intérieures et extérieures lui don- 
naient une incontestable autorité dans la pra- 
tique des affaires. Éminemment pondérateur et 
conciliant entre les partis qui se disputent le 
pouvoir en Belgique, on ne put jamais l'accuser 
d'avoir eu des agents électoraux à ses ordres, 
dans son entourage. 

« Le roi Louis-Philippe, à qui l'on a fait le 
reproche d'employer souvent quelques-uns de 
ses aides de camp pour exercer une certaine 
influence dans le choix des députés, me disait 
un jour, lors de l'avènement du parti libéral (ce 
qui lui déplaisait) : 

« Je ne comprends pas que votre roi n'ait pas 
près de lui des personnes sur lesquelles il puisse 
compter pour agir sur les électeurs. 

— « Sire, lui répondis-je, nous n'avons pas 
de camarilla en Belgique. 

— « Eh bien , ajouta-t-il , je crains qu'il ne 
se trouve mal de son inaction dans ces circon- 
stances. 

— « Ce qui peut se pratiquer en France, 
objectai-je , aurait de très-fâcheuses consé- 
quences dans notre pays. » 

« La morale de ceci , c'est que le roi Léopold 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 



63 



est mort dans son palais, entouré des regrets et 
de la vénération de toute la nation, et que Louis- 
Philippe, malgré ses éminentes qualités, s'est 
éteint exilé sur la terre étrangère. 

« Léopold I er se distinguait par une très- 
grande finesse d'esprit dans la conversation 
intime. Il avait acquis une parfaite connais- 
sance des hommes qu'il avait, du reste, étudiés 
avec fruit. Sa raison aidant, il connaissait leur 
côté faible. Il m'en donna une preuve à mon 
retour de la mission que j'avais remplie en 

France. 

« Il m'adressa, à cette époque, quelques 
questions sur certains personnages politiques et 
militaires qui, à peine quelques jours avant le 
%k Février, protestaient, auprès du roi Louis- 
Philippe, de leur dévouement à toute épreuve. 
Je lui citais les noms de quelques-uns d'entre eux 
qui, le soir même de la révolution, étaient allés 
offrir les uns leur adhésion, les autres leur épée 
à la République, et j'ajoutais qu'à n'importe qui 
les Tuileries seraient ouvertes , président de la 
République, empereur ou roi. on les y verrait 
aussi assidus que dans les salons de M. de 
Lamartine. Le roi me fit cette réflexion pro- 
fonde, malgré son côté plaisant : « Ces gens-là 
« sont comme les chats : ils sont habitués aux 



\\\ 



'11 



64 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

« toits, Le changement des maîtres du logis leur 
« est indifférent. » 

« Je dois cependant ajouter, et j'en suis heu- 
reux , que de nobles exemples de fidélité furent 
donnés dans ces circonstances malheureuses. 

« Léopold I er connaissait sa valeur person- 
nelle sans toutefois y mettre de l'orgueil ou de 
la vanité. Aussi fallait-il se garder, de crainte 
de compromettre ses rapports avec lui , de lui 
donner trop directement des conseils. Celui qui 
lui aurait dit : « Sire , il faudrait faire ceci ou 
cela, » se serait évidemment fourvoyé. Cepen- 
dant, lorsqu'il consultait un personnage poli- 
tique, il tenait à ce que l'avis qu'il demandait fût 
donné avec franchise ; il admettait le débat con- 
tradictoire, réfléchissait et se prêtait aux raisons 
alléguées par son interlocuteur, quand il les trou- 
vait justes et utiles à la conduite des affaires. J'ai 
eu moi-même différentes occasions d'apprécier 
son caractère à ce point de vue, lorsqu'il me fit 
l'honneur de me demander mon opinion. 

« Je crois que les quelques faits qui précèdent 
et qui, pour la plupart, sont inédits, contribue- 
ront à compléter l'histoire d'un roi que les 
Belges sont fiers d'avoir choisi et dont le nom 
ne sera prononcé par nos descendants qu'avec 
une respectueuse vénération. » 



LES DERNIÈRES ANNÉES DE M. VAN DE WEYER, 



Trois ans se sont écoulés depuis la publica- 
tion de notre essai biographique sur Sylvain 
Van de Weyer ('). Cet ouvrage a été cordiale- 
ment accueilli par la presse anglaise. La plu- 
part des grands journaux et des recueils heb- 
domadaires d'outre-Manche l'ont signalé à leurs 
lecteurs. Le Times et la Saturday Review lui 
ont fait plus d'honneur encore ; ils l'ont choisi 
pour sujet d'intéressantes études sur la Bel- 

(') Sylvain Van de Weyer, ministre d'État, ancien membre 
du gouvernement provisoire et ancien ministre plénipoten- 
tiaire de Belgique à Londres (Bruxelles, 1 871 , 2 vol. in-8°). 



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66 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

gique contemporaine et sur l'homme d'État qui 
a eu la gloire de prendre une si grande part à 
la fondation de l'indépendance de notre pays ('). 
Malgré les instances du roi Léopold II , 
M. Yan de Weyer s'était retiré du service actif 
au mois de juin 1867. 11 représentait la Belgi- 
que indépendante à Londres depuis le mois de 
juillet 1831, après avoir rempli déjà des mis- 
sions importantes sous le gouvernement provi- 
soire. 11 aurait pu prolonger cette brillante 
carrière ; il ne le voulut pas. « Le sage, disait-il 
avec la Fontaine, est toujours prêt à partir. Je 
veux tâcher d'être sage et tâcher d'être prêt. Or, 
pour cela, il faut que je puisse consacrer le peu 
qui me reste de temps à mes affaires particu- 
lières. » 

On peut dire aujourd'hui que le soin de sa 
mémoire le préoccupait aussi. Il nous fit l'hon- 
neur de nous admettre dans son intimité, il 
nous donna accès à ses archives privées, et, 
grâce à cette haute bienveillance, nous pûmes 

(')'M. Sylvain Yan de Weyer, A biographical sketch 
(reprinted, by permission, from Ihe « Times»), by A. H. 
December 1871 (26 pagesin-12). 

The Founders of the Belgian monarchy. Reprinted, by 
permission, from the Saturday Review. May 11 1872 
(24 pagesin-12). 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 67 

lui assigner son véritable rang parmi les fonda- 
teurs de l'État belge. La confiance qu'il mon- 
trait dans l'avenir, disait le Times, a été 
amplement justifiée par sa biographie, et plus 
spécialement encore par l'époque de la publi- 
cation de celle-ci. « Rarement, très-rarement, 
poursuivait le grand journal anglais, il est ar- 
rivé que la carrière tout entière d'un homme 
si éminent et si actif ait pu être exposée devant 
le monde, lui encore vivant, sans danger, sans 
crainte, en toute fidélité, sans réticence et sans 
dommage. » 

De son côté, la célèbre Revue du Samedi, 
après avoir esquissé la vie politique de l'émi- 
nent diplomate, s'exprimait en ces termes : 
«Le calme est la couronne de la vie, a chanté 
unpoëte; et le repos qui a couronné la brillante 
carrière de ce fondateur du royaume de Bel- 
gique, après les luttes orageuses de son âge 
viril et les incessants labeurs de sa maturité, 
lui assure ces récréations intellectuelles qui fu- 
rent autrefois pour lui un refuge contre le tu- 
multe des affaires et une consolation au milieu 
des agitations publiques, et qui sont maintenant 
les délices d'un philosophe moraliste, que son 
biographe compare, pour un moment, à Saint- 
Évremond, mais seulement afin de signaler 



\\\ 



68 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

l'heureux contraste entre deux époques et deux 
destinées. » 

Un jour qu'il traversait à pied Trafalgar- 
Square, M. Van de Weyer, frappé d'apoplexie, 
tomba comme foudroyé. On ne sait par quel 
effort suprême il put se relever et atteindre son 
hôtel d'Arlington-Street. Il se rétablit lente- 
ment, mais en restant sous l'impression redou- 
table de cette rude attaque ; si sa robuste con- 
stitution n'était pas brisée, elle avait reçu 
néanmoins une atteinte irréparable. M. Van de 
Weyer ne se fit pas illusion ; l'étincelant cau- 
seur se réserva pour ses amis; le monde, où il 
avait si longtemps brillé, le perdit peu à peu. 

Ce n'est pas que le splendide château [New- 
Loclge, dans la forêt de Windsor), où il passait 
la plus grande partie de l'année, ressemblât à 
une solitude. Entouré d'une famille dont il 
était idolâtré, M. Van de Weyer recevait de 
nombreuses visites et exerçait une hospitalité 
princière. Bon, affable, sans morgue aucune, il 
possédait l'affection de ses tenanciers, et, comme 
le rappelait le journal du canton, les nom- 
breuses œuvres de bienfaisance auxquelles il 
prenait part lui avaient valu le respect et la 
gratitude des pauvres voisins dont il était en- 
touré. 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 69 

M. Van de Weyer aimait les longues prome- 
nades dans la forêt et le parc de Windsor. 11 se 
rendait fréquemment aussi dans un cottage 
qu'il avait acquis sur les bords de la Tamise et 
s'y livrait au plaisir de la pêche. C'était non 
loin du pied-à-terre que le fameux duc de 
Marlborough s'était fait construire pour satis- 
faire le même goût. 

Mais, par-dessus tout, M. Van de Weyer était 
un bibliophile ardent, insatiable. On a même 
prétendu que ce n'était point à cause de sa 
mauvaise santé ni de son âge avancé qu'il s'était 
retiré du service actif, mais bien pour pouvoir 
s'occuper plus exclusivement de ses livres. « Il 
était, dit un publiciste qui l'a bien connu, au 
premier rang des bibliophiles modernes, et 
l'immensité de ses collections peut être appré- 
ciée par ce fait que tandis que ses habitations 
de la ville et de la campagne regorgeaient de 
livres, il possédait encore 30,000 volumes dans 
le Pantechnicon lorsque cet édifice fut détruit 
par le feu. » 

La bibliothèque de New-Lodge, remplie 
d'ouvrages rares et curieux , était une sorte de 
sanctuaire. C'était là qu'il fallait être admis 
pour connaître et apprécier M. Van de Weyer. 
« Converser avec lui,écrivait un de ses amis, lors- 



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70 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 



qu'il était assis dans son fauteuil, avec son 
arme favorite — un coupe-papier — à la main,, 
et parcourant le dernier ouvrage d'histoire ou 
de philosophie, c'était plus qu'une distraction, 
c'était une occasion d'élever son esprit et de le 
fortifier contre la trompeuse ambition et contre 
les vulgaires déceptions. » 

Parfois, à de longs intervalles, le polémiste 
reparaissait. Dans l'automne de 1871, M. Van de 
Weyer écrivit une piquante lettre au Times 
à propos d'une mésaventure survenue au cui- 
sinier de New-Lodge. Cet honnête et paisible 
« chef, » arrivant de France avec un colis de 
conserves alimentaires, fut soupçonné par la 
douane (aberration étrange !) d'emporter des 
pendules provenant du saccagement de l'hôtel 
de M. Thiers. Avec quelle verve le « lord » de 
New-Lodge sut prendre la défense de son « chef, » 
ahuri de ce soupçon absurde (')! Quel esprit! Et, 
comme dans tous les écrits de M. Van de Weyer, 
la moralité, la leçon ne se fait pas attendre. 

«.... Avec quelle superbe indifférence, dit-il 
en laissant parler l'incriminé, les grandes com- 



(') Les pendules de M. Thiers et le cuisinier de M. Van de 
Weyer. Lettre au « Times. » 15 novembre 1871 (20 pages 
in-12). 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 



71 



pagnies et les fonctionnaires publics traitent les 
doléances de ce qu'ils appellent les petites gens ! 
Croyez-moi, monsieur le Rédacteur, ce n'est pas 
l'inégalité de rang et de fortune qui froisse le 
plus souvent les hommes placés dans une hum- 
ble condition : pour peu qu'ils aient réfléchi, 
ils l'acceptent comme une sage et profonde 
dispensation de la Providence, qui portera un 
jour de meilleurs fruits que ceux qu'un égoïsme 
insouciant se plaît encore à cultiver. Mais de 
voir qu'il y a toujours deux poids et deux 
mesures, que l'égalité devant la loi et les règle- 
ments, inscrits dans nos codes, est sans cesse 
violée de la façon la plus leste ou la plus brutale, 
voilà ce qui excite nos colères et notre indigna- 
tion, et donne à notre sentiment inné du juste et 
de l'injuste une teinte d'amertume qui s'efface 
difficilement de nos cœurs. Dans mon cas, la 
douane et les managers ne s'émeuvent que 
lorsque, derrière le simple passager du chemin 
de fer, ils voient poindre la figure d'un avocat, 
et que, derrière l'avocat, ils aperçoivent enfin 
mon maître fermement résolu à me faire rendre 
justice. Pensez-vous, Monsieur, que si ma caisse 
eût porté son nom, ou celui de quelque grand 
seigneur, j'eusse essuyé toutes ces tribulations ? 
Nous ne mériterons le nom de peuple civilisé 



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72 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

que lorsque les compagnies et les autorités 
traiteront la propriété d'un cuisinier avec le 
même respect que celle d'un duc, et qu'elles 
auront pour tous les voyageurs, quelle que 
soit leur classe , la première , la deuxième , 
ou la troisième, les mêmes égards et le même 
soin...'» 

La maladie lui laissant quelque répit, M. Van de 
Weyer voulut revoir la Belgique. Au mois d'a- 
vril 1872 , il visita avec sa famille Gand et 
Bruxelles. Le mois suivant il revint seul pour 
s'associer aux fêtes du jubilé centenaire de l'Aca- 
démie royale de Belgique. On peut dire qu'il 
charma ses collègues par la vivacité de son 
esprit, resté toujours jeune et alerte. Quant à 
ses vieux amis, à ses compagnons de 1828 et 
de 1830, ils le retrouvèrent tel qu'il était autre- 
fois. Tant d'honneurs et une si grande position 
ne lui avaient donné ni orgueil ni fierté. Il allait 
lui-même au-devant de ceux qui auraient pu 
l'oublier. M. Van de Weyer se proposait de 
faire un troisième voyage et de revoir Louvain, 
sa ville natale, et Liège, où il avait de fervents 
admirateurs; mais il avait trop présumé de 
ses forces. 

L'année 1 873 fut pénible pour lui. Une nouvelle 
crise était à craindre, et rien ne put la conjurer. 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 73 

Au mois de décembre, il nous écrivait : « J'ai 
eu de nouveau une vive et douloureuse attaque. 
J'ai constamment un nuage devant les yeux, et 
l'on ne me permet ni de lire ni d'écrire. » Et 
cependant, un jour, après avoir ouï la lecture 
d'un ouvrage nouveau sur la révolution belge 
de 1830, il fut tenté de reprendre la plume. 
D'une main défaillante il traça quelques lignes 
d'une rare énergie. Si la maladie ne l'avait 
terrassé, vous eussiez retrouvé alors le terrible 
jouteur de 1845'. 

11 avait promis au savant directeur de la 
Patria belgica l'article sur les relations exté- 
rieures de la Belgique depuis 1830. Mais il ne 
put, hélas! que dicter les premières pages. 
,« C'était à lui, dit M. Van Bemmel, dans un élo- 
quent éloge ('), que revenait naturellement la 
tâche d'écrire, pour la Patria belgica, l'his- 
toire des relations extérieures de la Belgique 
depuis 1830, et, à la première invitation qui lui 
fut faite, il s'empressa d'accepter dans les 
termes les plus chaleureux et avec une véritable 
reconnaissance. » 

M. Van de Weyer avait laissé inachevée, 
malheureusement, l'édition de ses œuvres com- 

D Revue de Belgique, 15 juin 1874. 



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74 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 



plètes : ChoixaV opuscules philosophiques, histo- 
riques, politiques et littéraires. Il aurait voulu 
les compléter, mais le temps et les forces lui 
manquèrent. Ce monument littéraire recevra 
toutefois son complément. M. Octave Delepierre 
sera, à cet égard , l'exécuteur testamentaire de 
réminent écrivain, et celui-ci ne pouvait mieux 
choisir. Il a désigné son vieil ami, son confident 

littéraire. 

Un publiciste, qui a vécu aussi dans l'intimité 
de M. Van de Veyer, rapporte que jusqu'à la 
fin de sa vie le célèbre diplomate s'intéressa aux 
affaires publiques. 11 se faisait lire les journaux, 
et c'était pour lui un moment heureux dans ces 
jours assombris par la souffrance. 

M. Van de Weyer, cependant, supportait 
avec une rare fermeté la maladie qui le condui- 
sait lentement au tombeau. Les plus hautes 
sympathies lui étaient témoignées. Il reçut 
même une marque de considération qui n'avait 
été donnée jusqu'alors à aucun ministre, anglais 
ou étranger. 

Informée au château de Windsor, le 
29 avril 1874, que M. Van de Weyer était en 
danger de mort, la reine Victoria se rendit à 
Londres pour revoir encore une fois l'homme 
d'État, l'ami, qu'elle avait honoré de sa con- 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 75 

fiance. La Reine vit le malade dans son hôtel 
d'Arlington-Street, s'entretint affectueusement 
avec lui, et, en le quittant, l'embrassa. Le prince 
de Galles suivit l'exemple de son auguste mère : 
lui aussi visita le malade, lui aussi voulut 
donner une nouvelle preuve de l'affection qu'il 
avait vouée au ministre belge. 

Le jour même de la royale visite , M. Van de 
Weyer reportait sa pensée au delà du détroit et 
se ressouvenait de quelques-uns de ses com- 
patriotes. 11 dicta pour chacun d'eux des paroles 
touchantes. « Au moment de quitter la vie, 
nous disait-il, ce serait un acte d'ingratitude de 
ne point faire mes adieux à celui qui a écrit la 
mienne avec tant de soin, etc., etc. » 

Sylvain Van de Weyer s'éteignit à Londres 
le samedi 23 mai, au matin. 

La- reine Victoria, qui se trouvait alors au 
château de Balmoral (en Ecosse), fit immédia- 
tement connaître les regrets qu'elle éprouvait. 
Le Court-Circular publia les lignes suivantes : 
« La nouvelle de la mort de M. Van de Weyer, 
« qui parvint à la Reine ce matin, bien que 
« n'étant pas inattendue, a causé à Sa Majesté 
« le plus profond chagrin. M. Van de Weyer a 
« été, pendant de nombreuses années, un des 
« amis les plus chers et les plus appréciés de la 



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76 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

« Reine , et sa mort est considérée par Sa Ma- 
« jesté comme une perte irréparable. » 

Les principaux organes de l'opinion publique, 
on peut dire tous, s'associèrent aux regrets de la 
reine d'Angleterre. 

Le Times s'exprimait en ces termes : « De 
tous les étrangers qui ont acquis leur naturali- 
sation dans la Grande-Bretagne nous serions 
bien embarrassés pour en nommer un autre 
qui, devenu par adoption notre compatriote, 
nous donne plus de motifs d'être fiers... Tout le 
système politique de l'Europe lui était familier, 
et il n'y avait personne, quand se produisait une 
complication quelconque, dont l'opinion fût plus 
avidement recherchée par les hommes d'État et 
les gouvernants, sans excepter, si nous sommes 
bien informés, la plus éminente personne de 
ce pays. Eux et nous, nous avons perdu le plus 
sage des conseillers comme aussi le plus agréa- 
ble des compagnons et le plus aimable des 
amis ('). » 

(«) Le Times, en commençant l'article nécrologique 
consacré à M. Van de Weyer, disait (25 mai 1874) : « Le 
devoir qui nous incombe de payer à sa mémoire le tribut 
ordinaire et bien mérité a été, à certains égards, anticipé. 
Une vie de lui, comme l'un des fondateurs de la monarchie 
belge, a été publiée en 1871 ; et, en rendant compte de cet 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 



77 



Le Daily Telegraph disait, de son côté : « Il 
a été donné à peu d'hommes, parmi ceux qui 
ont pris part à l'érection de royaumes, d'as- 
sister à la complète réalisation de leurs projets ; 
ils sont plus rares encore ceux qui, à la fin d'une 
longue carrière, peuvent jeter un regard derrière 
eux pour voir le travail de leurs jeunes années 
et qui peuvent dire que ce qu'ils ont fait est bien. 
M. Van de Weyer est pourtant un de ceux-là. 
Établie sur les bases qu'il avait posées, la Bel- 
gique a grandi et prospéré. Sans doute, la 
sagesse pratique et le patriotisme des Belges 
sont la première cause de leurs succès en tant 
que communauté indépendante ; mais si la Bel- 
gique est ce qu'elle est aujourd'hui, il faut 
l'attribuer aussi à la loyauté avec laquelle le 
roi Léopold et son fils se sont acquittés de leurs 
devoirs de souverains constitutionnels. Boi et 
peuple cependant doivent beaucoup aux sages 
conseils de l'homme d'Etat qui vient de dispa- 
raître. Pendant tout son long règne, Léopold I er , 
l'Ulysse de l'Europe, comme on l'appelait, eut 
pour confident et conseiller M. Van de Weyer, 



ouvrage, nous avons fait hautement ressortir les titres de 
M. Van de Weyer à la renommée comme homme d'État, 
diplomate et homme de lettres. » 



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78 NOTES HISTORIQUES VT BIOGRAPHIQUES. 

et la confiance qu'il lui accordait, son fils la lui 
avait continuée. Le maintien le plus strict de la 
politique constitutionnelle et de l'alliance la 
plus étroite et la plus intime avec la Grande- 
Bretagne, tels étaient les principes qui ont guidé 
la carrière politique de M. Van de Weyer... 
Depuis le temps où la princesse Victoria n'était 
qu'une enfant de dix ans, jusqu'aux jours où 
elle est devenue reine, épouse et veuve, le 
ministre belge a toujours vécu avec elle dans 
l'intimité ; et nous croyons que lorsqu'on écrira 
l'histoire du règne heureux de Sa Majesté, on 
trouvera que peu d'hommes ont exercé sur 
notre cour plus d'influence que l'ancien ambas- 
sadeur de Belgique. Cette influence a été hono- 
rable pour la cour comme pour lui. 11 ne prenait 
point part à la politique anglaise et n'avait 
jamais recherché de distinction personnelle 
dans le pays où il résidait, et c'est parce qu'on 
savait qu'il n'avait pas d'intérêt ou de parti 
personnel à servir, et qu'il n'était influencé que 
par son sincère attachement pour la Reine et 
pour l'Angleterre et par son honnête désir de 
donner de bons conseils, qu'on recherchait tou- 
jours son avis et que sa voix était écoutée avec 
respect. >» 
L'article du Daily News n'était pas moins 



I 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 79 

remarquable : « 11 était le dernier, disait-il du 
défunt, d'une lignée de grands hommes d'État, 
honoré de la plus intime confiance de deux 
familles royales et de deux dynasties, employé 
comme intermédiaire dans les transactions les 
plus considérables... Ce n'est un secret pour 
personne que la Reine le consulta souvent 
avant son mariage et que, dans les dernières 
années de sa vie, le prince consort eut fréquem- 
ment recours à ses avis. Sa Majesté avait pour lui 
le respect le plus affectueux et lui fit des adieux 
très-touchants sur son lit de mort. Un peu avant, 
si nous ne nous trompons, la veille même de sa 
mort, il reçut la visite du prince de Galles, avec 
lequel il s'entretint avec un vif intérêt et une 
intelligence soutenue sur les sujets de la poli- 
tique actuelle. Soit comme président du « Royal 
literary fund » ou comme membre du conseil 
de cette institution, soit comme orateur dans les 
banquets publics, ou comme gentilhomme cam- 
pagnard s'adressant à ses voisins dans un comice 
agricole, son expression et ses pensées étaient 
anglaises jusqu'à la moelle. Il y a quelques 
années, il rendit une dernière visite à la Bel- 
gique et revit la scène de ses premières luttes 
et de ses premiers triomphes. Il avait servi sa 
patrie avec tout son cœur et toutes ses forces, et 



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80 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

s'était acquis la gratitude de ses compatriotes. 
Sa seconde patrie lui doit un grand exemple de 
vertus publiques et privées, et porte le deuil 
d'un homme d'État dont le patriotisme ne s'est 
jamais partagé, mais s'est doublé en raison de 
ses doubles devoirs, et qui a été aimé comme il 
le méritait pendant sa vie et qui sera de même 
regretté après sa mort, ainsi que le sont 
toujours les bons, surtout par ceux qui le 
connaissaient le mieux. » 

Les restes mortels de l'éminent homme d'État 
avaient été conduits de Londres à New-Lodge 
pour être ensevelis, le 28 mai, dans le cimetière 
attenant à l'église de Braywood. Bien que la 
cérémonie funèbre dût avoir un caractère privé, 
la reine d'Angleterre et les princes de la famille 
royale voulurent rendre un dernier hommage à 
l'illustre défunt. Le représentant delà reine Vic- 
toria, le prince de Galles, le duc d'Edimbourg et 
le prince Christian marchaient derrière le 
cercueil ; venaient ensuite les membres de la 
légation belge. Le deuil était conduit par les 
deux fils du défunt. Après que la première 
partie du service eut été célébrée dans l'église, 
le cortège se reforma et se rendit au cimetière. 
Lorsqu'il se trouva rassemblé autour de la 
tombe, M me Van de Weyer et ses filles dépo- 



NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 81 

sèrent sur le cercueil des couronnes d'immor- 
telles dont quelques-unes avaient été envoyées 
par la reine Victoria et les membres de la 
famille royale. Le prince de Galles y déposa une 
rose blanche. 

Sur le cercueil on lisait cette simple inscrip- 
tion: 

Jean-Sylvain Van de Weyer, né a Louvain 
(Belgique), le 19 janvier 1802, mort a 
Londres, le 23 mai 1874. 

La mort de M. Van de Weyer avait fait éga- 
lement une grande sensation en Belgique, et la 
presse nationale n'avait pas été moins élogieuse 
que la presse anglaise. Mais il ne fallait pas se 
borner à cette manifestation. 

Le collège échevinal de Louvain prit les 
résolutions suivantes : le nom de Van de Weyer 
sera donné à l'une des grandes rues de la ville ; 
une inscription honorifique rappellera la mai- 
son où se passa l'enfance de l'illustre patriote; 
une souscription sera organisée pour élever à 
Van de Weyer une statue en bronze. 

Le comité qui a été institué à cet effet ne 
nous a rien laissé à dire. Voici son appel au 

public : 

« Un homme qui, après avoir été l'un des 

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82 NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 

fondateurs de notre indépendance nationale, a 
largement contribué à la consolider en lui ga- 
gnant la bienveillance des grandes puissances, 
un ancien ministre du Roi, un écrivain que les 
lettres belges peuvent revendiquer à juste titre 
et auquel la ville de Louvain est fière d'avoir 
donné le jour — M. Sylvain Van de Weyer vient 
de s'éteindre à Londres. 

« Le conseil communal de notre ville, dans 
sa séance du 8 juin 4874, a, par un vote una- 
nime , décidé d'honorer la mémoire de ce grand 
homme en lui élevant un monument destiné à 
rappeler aux générations futures l'exemple de 
son patriotisme et de ses vertus civiques. 

« Le monument à élever à Van de Weyer 
doit être le produit d'une manifestation natio- 
nale, bien plus qu'une simple affirmation de 
la reconnaissance de sa ville natale. 

« Sans doute Louvain a une dette toute spé- 
ciale à acquitter envers un de ses enfants les plus 
illustres; mais il convient de ne pas perdre de 
vue ce que lui doit la Belgique entière dont il a 
si puissamment aidé à fonder l'indépendance. 
Qui en effet pourrait oublier la part qu'il a prise 
à l'établissement de notre dynastie populaire? 

« La dette de gratitude contractée envers 
Van de Weyer est une dette nationale; c'est 






NOTES HISTORIQUES ET BIOGRAPHIQUES. 83 

dans cet esprit que nous faisons un appel, non- 
seulement à nos concitoyens, mais au gouver- 
nement, aux administrations publiques, aux 
corps constitués, à tous ceux qui ont le res- 
pect de nos traditions jet-k^culte des grands 
■ hommes. » /^ ■'•^ 







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EXTRAIT DU CATALOGUE DE LA LIBRAIRIE EUROPÉENNE 

DE C. MUQUARDT, HENRY MERZBACH, SUCCESSEUR 
(Bruxelles, Gand et Leipzig.) 

LES FONDATEURS DE LA MONARCHIE BELGE 
par Théodore Juste 

Léopold I er , roi des Belges, d'après des documents inédits : 
Première partie (1790-1852), 1 vol. in-8°. 
Deuxième partie (1852-1865), 1 vol. in-8" («). 
Surlet de Chokier, régent de la Belgique , d'après ses papiers 
ctd'autres documents inédits (1769-1859), 1 vol. in-8°. 
Le baron de Gerlache, ancien président du Congrès natio- 
nal, etc., 1 vol. in-8°. 
Joseph Lebeau, ministre d'État, d'après des documents 

inédits, 1 vol. in-8°. 
Sylvain Van de Weyer, ministre d'État, ancien membre du 
gouvernement provisoire, ancien ministre plénipotentiaire 
de Belgique à Londres, etc., d'après des documents 
inédits, 2 vol. in-8°. 
Le comte Le lion, ministre d'État, ancien ministre pléni- 
potentiaire de Belgique à Paris, etc., d'après ses corres- 
pondances diplomatiques et d'autres documents inédits, 
1 vol. in-8°. 
Le lieutenant général comte Goblet d'Alviella, ministre 

d'État, d'après des documents inédits, 1 vol. in-8°. 
Le comte de Muelenaere, ministre d'État, d'après des docu- 
ments inédits, 1 vol. in-8°. 
Charles de Drouckere, bourgmestre de Bruxelles, etc., 

1 vol. in-8°. 
Notes historiques et biographiques sur les fondateurs de 

(') Traductions anglaise, allemanJe et flamande. 



\*\ 






I 

I 



■ 



l'État belge (1830-1870), d'après des documents inédits, 

1 vol. in-8°. 
Le comte Félix de Mérode, membre du gouvernement 

provisoire, ministre d'État, représentant, etc., d après des 

documents inédits, 1 vol. in-8°. 
Lord Palmerston, 1 vol. in-8°. 

Le baron Stockmar, 1vol. in-8". , 

Alexandre Gendebien, membre du gouvernement prov.so.re 

et du Congrès national, d'après des documents .nedits, 

4 vol. in-8°. . . 

Louis de Potier, membre du gouvernement provisoire, 

d'après des documents inédits, 1 vol. in-8\ 
Notes historiques et biographiques sur les fondateurs^ de 

l'État belge, d'après des documents inédits, 2« série, 

1 vol. in-8°. , . 

Le baron Nothomb, ministre d'Etat, etc. etc., 2 vol. in-8 . 

CHAQUE OUVRAGE SE VEND SÉPARÉMENT. 



OUVRAGES DU MÊME AUTEUR: 

Histoire de Belgique, depuis les temps primitifs jusqu'à la 
fin du règne de Léopold 1". 4° édition, vol. gr. in-8 . 
les Frontières de la Belgique, 1 vol. in-12. 
Histoire des états généraux des Pays-Bas (1465-1790), 

2 vol. in-8°. .»'«., i .• 

Histoire du règne de l'empereur Joseph II et de la Révolution 

6etoe de 1790, 5 vol. in-12. (Épuisé.) 
Souvenirs diplomatiques du XVIW sièele. Le comte de 

Mercy-Argenteau (1722-1794),! vol. in-12. 
Le Soulèvement de la Hollande en 1813 et la fondation du 

royaume des Pays-Bas, précédés d'une introduction sur 

le règne de Louis Bonaparte (1806-1817), 1 vol. in-S». 
La Révolution belge de 1830, d'après des documents inédits, 

(1817-1830), 2 vol. in-8°. 



Histoire du Congrès national de Belgique ou de la Fon- 
dation de la monarchie belge, 2 vol. in-8° ('). 



XVI* SIÈCLE. 

Les Pays-Bas sous Philippe II (1555-1572), 2 vol. grand 
in-8°. (Épuisé.) 

Histoire du soulèvement des Pays-Bas contre ladominalion 
espagnole (1572-1576), 2 vol. grand in-8°. 

Charles-Quint et Marguerite d'Autriche. Étude sur la mino- 
rité, l'émancipation et l'avènement de Charles-Quint à 
l'empire (1477-1521), 1 vol. in-8°. 

Les Pays-lias sous Charles-Quint. Vie de Marie de Hongrie 
(1505-1558), 2° édition, 1 vol. in-12 (*). 

Le Comte d'Egmont et le comte de Homes (1522-1568), 
d'après des documents authentiques et inédits, 1 vol. in-8°. 

Vie de Marnixde Sainte-Aldegonde (1538-1598), tirée des 
papiers d'État et d'autres documents inédits, 1 vol. in-8°. 

Christine de Lalaing, princesse d'Épinoy, 1 vol. in-12. 

Charles de Lannoy, vice-roi de Naples, in-8°. 

Conspiration de la noblesse belge contre l'Espagne en 1632, 
d'après les papiers d'Etat, 1 vol. in-8°. 

Guillaume le Taciturne, d'après sa correspondance et les 
papiers d'État, 1 vol. in-8°. 



~, 



(■) Traduction allemande (Leipzig et Bruxelles, 1850, 1 vol.). 
( 2 ) Traduction hongroise (Pesth, 1860, 1 vol. in-12). 



\vv 



LES FONDATEURS DE LA MONARCHIE RELGE 



APPRECIATIONS DIVERSES 



JOSEPH l.llll U 

1 vol. in-8°. 

« En appliquant son talent bien connu d'historien à rap- 
peler les titres de Lebeau à notre reconnaissance, l'auteur 
n'a pas fait seulement un bon livre, il a fait aussi, ce qui 
n'est pas moins méritoire à nos yeux, acte de bon citoyen. « 
— La Meuse. 

« En se renfermant dans le cadre d'une stricte biogra- 
phie, l'auteur n'a diminué en rien l'importance historique 
fe son livre ; les papiers manuscrits de M. Lebeau, d'autres 
documents inédits encore, lui ont permis de jeter du jour 
sur bon nombre de faits incomplètement connus jusqu'ici, 
de signaler même plusieurs incidents entièrement nou- 
veaux... ■ — Écho du Parlement. 

« M. Th. Juste a fait incontestablement une œuvre utile 



\Vv 



6 

en écrivant la vie de Joseph Lebeau, l'un des principaux 
fondateurs de la monarchie belge... Son livre renferme une 
foule de révélations intéressantes sur les hommes et les 
choses de la révolution et les premières années de la mo- 
narchie constitutionnelle. » - Journal de Bruxelles. 

« Lebeau avait droit à quelque chose de plus qu'une 
simple notice -. sa vie résume un chapitre entier de l'his- 
toire d'un peuple, et ce chapitre, on eût pu jusqu'ici diffici- 
lement l'écrire. C'est pour avoir comblé cette lacune que le 
livre de M. Juste a droit à une mention toute particulière et 

qu'il doit prendre place dans toutes nos bibliothèques. » - 

Journal de Liège. 

„ En écrivant la biographie de M. Joseph Lebeau, en 
faisant la lumière autour de cette figure obscurcie par la 
passion des uns, oubliée par l'indifférence des autres, 
M Th Juste a rempli un pieux devoir ; il a fait une œuvre 
de bon citoyen... Grâce aux nombreux documents inédits 
mis à sa disposition, il a en même temps éclairé d'un jour 
tout nouveau certains événements de notre histoire contem- 
poraine... » — L'Impartial de Bruges. 

« Quand on songe que c'est sous son ministère que fut 
conclu le traité des dix-huit articles, si avantageux pour la 
Belgique, si la fortune de la guerre ne lui en eût ravi les 
fruits • que c'est grâce à ses éloquentes sollicitations que le 
Congres élut Léopold de Saxe-Cobourg..., on reconnaît que 
ce sage et intègre homme d'État mérite d'occuper la place 
que M. Juste lui a donnée au premier rang des fondateurs 
de la monarchie belge. - Ce livre se distingue par la 



Iftl É 



sobriété et la simplicité ; et les documents inédits qu'il met 
au jour ajoutent beaucoup à son utilité et à son intérêt. » 
— Journal de Gand. 

« On se rappelait à peine parmi nous les noms des 
hommes qui fondèrent un État et préservèrent l'Europe 
d'une guerre générale. Il faut donc savoir gré à M. Th. Juste 
d'avoir consacré ce livre à Joseph Lebeau. Un pareil homme 
était digne d'un travail complet, et cette tâche a été rem- 
plie avec succès par l'auteur. L'ouvrage est d'un haut intérêt 
pour l'histoire contemporaine : c'est à la fois la biographie 
d'un homme et le récit des luttes et du triomphe d'une 
nation. » — The Athenœum. 

« M. Th. Juste pouvait mieux que personne donner une 
biographie fidèle de Joseph Lebeau, par suite des relations 
qu'il avait eues avec cet homme d'État, et de l'étude parti- 
culière qu'il avait faite du drame de 1830-1831 dans son 
Histoire du Congrès national de Belgique. » — Allgemeine 
Zeitung (d'Augsbourg.) 

« Il importe de ne pas oublier les hommes d'État qui, 
avec le roi Léopold, travaillèrent à la fondation et à l'affer- 
missement de l'État belge. Avec raison M. Juste a placé à 
la tête de ceux-ci Joseph Lebeau. » — Europa (de Leipzig). 



En se servant des souvenirs de M. Lebeau, le bio- 
graphe a donné plus d'importance encore à son œuvre et 
doté l'histoire belge d'un livre d'une haute valeur. » — 
Literarisches Centralblatt. 



1 



\v< w**r 






SORLET »E CHOKJER. 

1 vol. in-8\ 
« M. Th. Juste, grâce aux documents inédits qui ont été 
mis à sa disposition, a pu retracer avec une grande exacti- 
tude tous les actes du Régent et les mobiles qui les avaient 
dictés. Son livre présente, sur beaucoup de points, l'intérêt 
qu'auraient les mémoires mêmes du personnage dont il 
retrace la vie. » — Journal de Liège. 

« M. Th. Juste a écrit l'histoire du Régent et nul mieux 
que lui n'était en position de remplir ce devoir pieux, puis- 
qu'un concours de circonstances l'avaient rendu possesseur 
des papiers de Surlet et notamment de sa correspondance 
intime. » — Précurseur. 

« Le volume que nous annonçons, consacré modestement, 
en apparence, au récit d'une seule vie, contient en réalité 
le tableau de toute une période de la révolution qui nous a 
affranchis. De plus, il révèle des faits importants jusqu'ici 
inconnus ou mal appréciés ; il offre, dans tous les sens du 
mot, l'attrait piquant de la nouveauté. » - La Meuse. 

. Tous les Belges qui aiment véritablement leur pays 
liront avec plaisir le livre de M. Th. Juste et seront recon- 
naissants envers l'auteur. « - Echo de Liège. 

« M Juste a eu le talent de faire aimer le caractère et de 
mettre' en évidence les incontestables services de l'un des 
fondateurs de la monarchie nationale. » - Journal de 
Bruxelles. 



9 

« Le nom de Surlet de Chokier, régent de la Belgique 
en 183 f, est presque oublié de notre génération ; néanmoins 
le livre de M. Th. Juste, écrit avec conscience, sympathie 
et autorité, est fait pour être lu ailleurs qu'en Belgique. » 
— Bibliothèque universelle et Revue suisse. 

« C'est une attrayante peinture de ce personnage si 
remarquable et si intéressant. » — Heidelbergher Jahrbùcher 
der Literatur. 

« Cette biographie éclaircit bien des points qui étaieni 
restés obscurs dans l'histoire de la fondation du nouveau 
royaume de Belgique, et doit être considérée comme un 
document précieux. » — Hamburgischen Correspondenten. 

« Un historien belge, connu par de beaux travaux sur 
l'histoire nationale , M . Théodore Juste , publie depuis 
quelque temps sous "ce titre : Les Fondateurs de la monar- 
chie belge, une intéressante série de portraits politiques. 
Deux de ces portraits, ceux du régent de Belgique et du 
comte Le Hon, méritent plus particulièrement l'attention 
des lecteurs français. » — L' Avenir national. 

LE COMTE LE HOV 

1 vol. in-8°. 

•i Ministre du Bégent et de Léopold I er près la cour des 
i'uueries, le comte Le Hon fut activement mêlé à toutes les 
négociations diplomatiques qui précédèrent l'élection du 
Roi, l'intervention française de 1831 et de 1832, la recon- 
naissance de la monarchie belge par l'Europe, et, enfin, le 
célèbre traité du 19 avril 1839. C'est là la partie vraiment 
historique du livre de M. Juste, et, nous devons le dire, 



3 



v\ 










10 

cette partie présente un intérêt soutenu et jette un jour 

raine Outre un grand nombre de dépêches confidences 

collection de lettres autographes du roi Leopold I . 
Journal de Bruxelles. 

u Au point de vue des révélation, historiques, le nouveau 
Uvre de M . Juste est appelé à un grand et légitime succès. » 
— Étoile belge. 

, L'ouvrage consacré au comte Le Hon n'a pas seule- 
ment une haute valeur pour la Belgique, mais il intéresse 
^ope entière parles données qu'il fournit s. • 1 etohto- 
sement de la monarchie belge. . - Hislonsche ZeUscknfl. 

. C'est une histoire diplomatique, précieuse par les révé- 
lations et les documents inédits qu'elle contient. - - The 
Chronicle. 

CHARLES DE BUOUCKEIIE. 

1 vol. in-8*. 
« C'est un portrait fidèle, quoique rapidement esquissé. 
Nous connaissons peu de biographies d'une lecture plus 
attrayante-, mais aussi nous connaissons peu d'exxs ences 
^laborieuses, plus noblement employées que celle de 
LrlesdeBrouckere, peu de caractères plus sympathies, 
^Igré ses brusqueries et ses caprices, légers défauts qui 
faisaient d'autant mieux ressortir ses grandes qualités. » - 
Indépendance belge. 

« Peu de carrières ont été aussi remplies que celle de 
Charles de Brouckere... La vie d'un tel homme est un 






- 



]] 

exemple et une leçon ; la notice que nous venons de lire 
nous paraît destinée à devenir un livre populaire. » — 
Journal de Liège. 

« Le livre consacré à Charles de Brouckere vaut bien que 
l'on étudie la carrière de cet homme remarquable qui mon- 
tra un talent également éminent dans les positions si diverses 
qu'il occupa successivement. <> • — Schlesische Zeitung (de 
Breslau). 

LE COMTE DE 1HUELEIVAEBE. 

1 vol. in-8°. 

« M. Th. Juste vient de publier le septième volume de 
ses études sur les Fondateurs de la monarchie belge. C'est 
la biographie du comte de Muelenaere, rédigée d'après des 
documents inédits. Ce volume présente, comme les précé- 
dents, un vif intérêt pour tous ceux qui s'occupent de notre 
histoire contemporaine. » — Écho du Parlement. 

« M. Juste a très-habilement tiré parti des papiers inédits 
qui lui ont été communiqués par la famille de M. de Muele- 
naere. Les projets d'union douanière dont il a été question 
entre la France et la Belgique sous la monarchie de juillet, 
et dont l'ancien ministre des affaires étrangères fut l'un des 
plus persévérants adversaires, tiennent une place impor- 
tant ^ns ce nouvel écrit. » — Indépendance belge. 

« Cette nouvelle page d'histoire est une œuvre utile et 
nationale. Elle jette une précieuse clarté sur les événements 
qui ont entouré la naissance et le développement de notre 
nationalité. Nous devons remercier M. Th. Juste d'avoir 
mis en lumière, avec l'autorité de son talent, tous les 



J 






12 

— Jomuiuu de Brimas. 

. M Th. Juste vient de publier, dans sa galerie '*■ 

^edeMueienaere, —***^SS!!1 *- 
°" ' P ! TL te^Jus et passerait à nos uescen- 
c„n a" é notre existence politique, et il ligure avee 
ration. , — tuile belge. 

1 vol. in-8». 
M Théodore Juste, le consciencieux biographe des 

*rt*«* a fa — ** ^ vient de consacr " .7; 

ÏÏS lt, notice à la carrée militaire, rfMl^ 
"at ue de M. le heutenant général Goblet, comte d'Alv.elK 
"Se d'État. L'auteur a tiré parti d,n grand nomb. 

d e documents inédits. , - Indépendance belge,. 

„ ce volume renferme une assez longue série de 
, ZZ inédite qui jettent un jour nouveau sur tes 

échec la constitution définitive de la Belgique. . ,. » - Journal 
de Bruxelles. 

1( ... La vie du général Goblet nous présente aussi des 






13 

luttes, des contrastes, des vicissitudes. Soldat fidèle et 
loyal, il semble d'abord hésiter entre un gouvernement qui 
a méconnu ses services, mais qui a reçu son serment, et 
son pays qui fait appel à son dévouement et à son activité; 
rallié comme malgré lui au nouvel ordre de choses, lui- 
même se révèle un homme nouveau. Cet ingénieur, que la 
révolution a trouvé occupé à construire des fortifications, 
se trouve être un habile diplomate, et il va à Londres 
chargé de la mission difficile de contrecarrer Talleyrand et 
de persuader Palmerston. 

« Ces biographies sont écrites du style clair, simple, 
net, qui convient au genre. L'auteur est sobre de réflexions ; 
il laisse parler les faits et les personnages eux-mêmes : il 
cite beaucoup. Grâce aux nombreux documents mis à sa 
disposition, lettres et papiers de famille, il a pu mettre dans 
tout son jour le rôle joué par chacun des hommes dont il 
retrace la vie. Bien des faits restés jusqu'à ce jour dans une 
certaine obscurité se trouvent ainsi, éclaircis.... » — Écho 
du Luxembourg. 



1 

4 



1 



« M. Th. Juste vient d'ajouter à la galerie des Fondateurs 
de la monarchie belge un nouveau portrait qui a droit d'y 
figurer : c'est celui du lieutenant général comte Goblet. 

« L'auteur rappelle la belle défense de Saint-Sébastien, 
qui fut pour le lieutenant du génie Goblet un beau titre de 
gloire et qui lui fit obtenir, à 23 ans, la croix de la Légion 
d'honneur ; il rappelle la difficile et délicate négociation 
relative aux forteresses, confiée aux soins du général 
Goblet, par le roi Léopold I" et si habilement menée et 
terminée ; il expose avec concision, mais avec clarté, les 
motifs de la détermination hardie par laquelle, devenu 



«K \V\ 











14 

ministre des affaires étrangères, le général mit en demeure 
Tant la conférence le cabinet de la Haye de s'exphquer 
rsesintentionsréelles àl'égard dutraité du 1 5 novembre, 
et il parcourt les phases successives de la camère bien 
rempli de l'homme d'État dont il raconte la v» etles actes 

^ÎTLte a pu enrichir sa relation de correspondances 
et autres papiers inédits qui jettent un jour nouveau sur 
te, grandes affaires auxquelles M. Goblet a pns part, et 
gnent leur témoignage à celui des pièces authentiques 
S les services qu'il a rendus au pays. » - Momteur telge. 

u Ambassadeur à Londres et à Lisbonne dans les 
moments les plus difficiles, ministre des affaires étrangères 
Tgé à plusieurs reprises de missions d'une extrême 
délicatesse M. Goblet s'est montré en toutes circonstances 
homme de caractère, esprit élevé, digne et loyal agent du 
grand diplomate couronné dont B avait la confiance.... - 
— Journal de Liège. 



UOPOLD I», BOI DES BELGES. 

2 vol. in-8* p. 

. Cette biographie du roi Léopold I" n'est pas un de ces 
panégyriques où l'on célèbre toutes les vertus et tous les 

m uovoU l, m 9 »f tke Belgians, authorized transition, by Robert 
Black M A. London, Sampson Low et O, 2 vol. in-8 -. 
" il U « <* Bemer, nach un g e« q ue en, etc., 
deutsch von BO.-J. Balmer-Rinck (Gotha, F.-A. Perthes), m-8-. 

71 van UmU L «* *«** *r Betçen, naer het franscb 
van Th. Juste. (Gent, W. Rogghé), in-8». 



15 

mérites d'un monarque défunt. M. Th. Juste a voulu faire 
oeuvre d'historien. Il a rassemblé les documents inédits, il 
est remonté aux sources pour ne rien ignorer de la carrière 
si longue et si remplie du roi Léopold I er , et il nous a donné 
un récit riche en faits, où les jugements sont impartiaux, 
où les détails sont intéressants. » — Indépendance belge. 

« 11 eût été difficile de mieux exposer la carrière si bril- 
lante que Léopold a parcourue comme soldat, comme prince 
et comme roi... M. Th. Juste s'est montré, dans son livre, 
historien impartial et calme... C'est l'œuvre austère d'un 
patriote qui comprend sa mission et qui la remplit avec 
conscience, équité et modération. » — Journal de Bruxelles. 

« Personne ne pourra écrire l'histoire de la Belgique 
indépendante, pendant le premier règne, sans puiser large- 
ment dans le livre de M. Th. Juste. » — Journal de Gand. 

« La biographie de Léopold I er présente un résumé com- 
plet, clair et bien divisé, de cette première et glorieuse 
partie de notre histoire nationale. » — Précurseur. 

« Les biographies des Fondateurs seront dans l'avenir le 
commentaire perpétuel le plus fidèle et le plus instructif 
de notre histoire pragmatique... Les meilleures qualités 
de l'historien brillent dans la biographie du fondateur 
de notre dynastie nationale, et quoiqu'il se soit attaché à 
peindre un homme plutôt qu'une époque, son récit et ses 
appréciations se distinguent ici par une ampleur et une 
portée peu communes. » — Journal de Liège. 

« Récemment un historien belge, dont l'impartialité n'est 






\V\ 







contestée par personne, vient de publier, d'après des docu- 
ments inédits, une très-intéressante biographie du roi Léo- 
pold, qui nous permet de saisir l'ensemble de sa carrière. .... 
— Revue des Deux Mondes. 

« Nous avons sous les yeux la deuxième partie de l'inté- 
ressant travail de M. Th. Juste sur le roi Léopold I". Ce 
travail se distingue par les qualités qui ont rendu le nom de 
M. Th. Juste populaire en Belgique : sincérité, clarté, sim- 
plicité. La dextérité du prince à ménager et à s'attacher 
les puissances voisines, la prudence proverbiale dont il fit 
preuve dans les circonstances critiques où il se trouva en- 
gagé à l'intérieur et à l'extérieur, la bienveillante protection 
dont il couvrit toujours ses proches, sa fidélité inaltérable 
dans ses affections, tous ces principaux traits qui consti- 
tuent la figure imposante de Léopold I", surnommé le iVes- 
tor de l'Europe, ont été reproduits par M. Juste avec une 
vérité et aussi avec une expression dévouée dont le lecteur 
belge lui saura gré . Un grand nombre de lettres authentiques, 
de dépêches, de pièces diplomatiques, etc., etc., qui ont 
été communiquées à M. Juste et qu'il a reproduites à la fin 
de son volume, donnent une plus-value à son étude. » — 
Le Nord. 

« Sans tomber dans le ton du panégyrique, l'auteur a su, 
avec un chaleureux patriotisme, faire une peinture vivante 
du roi Léopold I" ; se rendant l'interprète de la gratitude de 
son pays, il a rendu un légitime hommage au prince qui 
sut réaliser ces belles paroles : Tant que je vivrai, je servi- 
rai de bouclier à la Belgique. » — Historische Zeitschrifï. 

« Quoique l'auteur eût traité plus d'une fois avec succès 






17 

le développement récent de son pays, sa tâche n'était pas 
facile cette fois-ci. D'un côté, il ne devait pas blesser une 
nation qui pleurait encore un prince éminent ; de l'autre, 
l'historien avait une trop haute idée de sa mission pour 
accorder des louanges faciles et banales. Les deux extrêmes 
sont évités avec le même tact. Ce qui donne en outre une 
valeur durable à cet ouvrage, c'est l'emploi judicieux et la 
communication de documents restés inconnus. » — Litera- 
risches Centralblalt. 

« L'auteur de tant d'ouvrages remarquables nous donne 
fci, d'après des sources authentiques, un exposé fidèle de la 
vie et des œuvres de Léopold I", le célèbre fondateur de la 
dynastie et de la liberté belges. » — Ôsterreichische mili- 
târische Zeitschrift. 



Extraits des journaux anglais. 

« A readable biography of the wise and good King 

Leopold is certain toberead inEngland. The interest of this 

life, unlike that of so many sovereigns, is not merely histo- 

rical. He acted a great part on a noble stage, and his name 

is in a measure associated with ail the stirring events of 

this century. The introduction to this biography of Leopold 

is the most interesting portion of the book. It describes 

the Kins in his study and in his home, the simplicity of his 

tastes, the energy of his character, his capacity for har 

work, his love of science and gênerai literature, which 

included a spécial inclination for novel reading, his delight 

in fine scenery , and his passion for exercise. » — Daily 
News. 



\V\i\\l 



Li 









18 

« However frequently the late King of the Belgians was 
designated in his lifetime by the honourable title of the 
« Nestor of modem politics, » it wat never made so clearly 
apparent why he merited that title until this biography was 
written. It is indeed delightful to follow M. Juste as he 
traces the eventful career of this eminent personage from 
the time of his being a cadet of the noble family of Saxe- 
Coburg, through his earlier days, when he took a prominent 
part in that eventful war, of the miseries of which the 
présent génération hâve very little cognizance or thought, 
during which he saw and conversed with Napoléon I, and 
Alexander of Russia, and attached himself to the one, whilst 
he repudiated the offer of promotion from the other ; and 
how afterwards he became the husband of the Princess 
Charlotte, to find, after a few months of happiness not often 
enjoyed by mortal man, ail his prospects blasted by her 
cruel and sudden death; for we seem to pass through those 
eventful circumstances as in some measure participating in 
them. But it is when M. Juste cornes to record the causes 
of Leopold I, accepting the Crown of Belgium, and of the 
manner in which he raised that little kingdom to a pitch of 
unexpected prosperity and prominence which it never could 
hâve anticipated, that the real value ofthis biography is 
perceived. Having had the advantage of reading M. Juste's 
biography in the original French, no less than by means of 
Mr. Black's remarkably well-made translation, we are able 
to say that a more important contribution to historica 
literature has not for a long while been furnished, or one 
that will more positively demand and receive the claim of 
présent and future standard réputation. » — Bell' s Weekly 
Messenger. 






19 

« The author has shown considérable industry in the 
collection of correspondence, and has accomplished his task 
in an enthusiastic spirit. He, moreover, writes agreeably, 
and sometimes even eloquently ; and he is so far impartial 
that he does not hesitate to record opinions adverse to his 
hero. M. Juste's book offers a sufficiently pleasant means 
of refreshing the memory, and of studying the character and 
career of a remarkable prince , who knew how to reap 
the full advantage of living in remarkable times. » — Pall 
Mail Gazette. 

« This translation of the complète memoirs, by Mr. Black 
is executed, so far as a comparison of various correspond- 
ing passages in the two texts enables us to judge, with 
correctness, yet not without a graceful ease. This end is 
not often attained in translations so nearly verbal as this is : 
the book itself deserves to become popular in England. The 
subject is of interest, and the story is narrated without 
excessofeitherenthusiasm or dépréciation. » — Athenœum. 

« The interesting memoir of M. Juste gives us frcsh 
détails of the various complications and conflicting circum- 
stances which affected the life of this popular sovereign. 
M. Juste is altogether a charming guide and companion. 
Much of the matter which M. Théodore Juste has collected 
is a new to us ; and in giving us a thoroughly readable and 
interu-ting book, he has increased our admiration for a man 
whose name and famé must last, and whose glory will 
increase, as Belgium each year becomes the nearer and 
dearer friend of England. » — The Examiner. 

« Circumscribed as are the limits of Belgium , its royal 






\m \^ 



20 




I 



founder, Leopold I, wiH ever occupy a foremost place 
among the distinguished worthies of his âge. The rise of 
his fortunes and the development of his plans are the subjects 
of thèse volumes, for which the author has obtained his 
materials from original documents, or from crédible and 
compétent informants. The whole narrative is so perfectly 
in accord with our own observations and the universal tes- 
timony of Europe, that we read it with confidence and 
trust in it with satisfaction. » — Mwning Post. 

SYLVAIN VAN DE WEVEU 

2 vol. in-8\ 

<i A mesure que l'on s'éloigne du mouvement d'idées qui 
a donné naissance à la nationalité et à la constitution belges, 
il devient plus intéressant et plus utile d'étudier les hommes 
de cette époque à qui notre pays doit une période de pros- 
périté et de développement régulier, presque sans exemple 
sur le continent européen.... Il faut donc savoir gré à 
M. Théodore Juste de continuer sa galerie des fondateurs 
de notre nationalité, en nous faisant encore connaître l'un des 
plus éminents d'entre eux.... Après Léopoldl", c'est à lui 
que la Belgique a dû cette inaltérable amitié de l'Angleterre, 
qui a toujours été notre principale sauvegarde. — M. Juste 
nous fait clairement voir l'œuvre diplomatique accomplie 
par M. Van de Weyer. Il publie à l'appui un grand nombre 
de lettres inédites du roi Léopold, de lord Palmerston et 
d'autres hommes d'État anglais. C'est plus qu'une simple 
biographie, ce sont des matériaux pour l'histoire générale. 
— M. Juste nous peint aussi dans l'éminent diplomate belge 
le bibliophile érudit, le spirituel écrivain, le fameux M. Du 



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Fan, le publiciste clervoyant et le penseur qui sait donner 
à des réflexions pleines de sens la forme la plus fine, la plus 
juste et parfois la plus piquante. — Un seul fait suffira pour 
faire comprendre l'autorité dont l'envoyé belge jouissait à 
Londres. En 1840, il fut désigné par l'Angleterre et par le 
Portugal pour régler, par une décision arbitrale, les diffé- 
rends qui s'étaient élevés entre les deux pays, marque 
inouïe de confiance qu'on n'a jamais accordée qu'à des 
souverains. — On lira avec un réel intérêt, et non sans un 
certain- orgueil patriotique, l'étude que M. Juste a consacrée 
au diplomate, à l'homme d'esprit dont la Belgique n'oubliera 
pas le dévouement et les services. » — E.-L. {Journal de 
Liège.) 

« M. Théodore Juste vient de consacrer deux volumes 
in-8° à la biographie de M. Sylvain Van de Weyer. Les 
documents inédits qu'il lui a été permis de consulter 
donnent un vif intérêt à cette étude politique, une des 
plus importantes de celles que l'auteur a consacrées aux 
•< fondateurs de la monarchie belge. « » — Indépendance 
belge. 

"... Avec une carrière aussi remplie sous tant de rapports 
que celle de M. Van de Weyer, M. Juste ne pouvait 
manquer de nous offrir une très-intéressante biographie. 
Ajoutons qu'il a su grouper les faits avec habileté et talent 
et qu'il les a retracés dans un style simple et clair. Ce qui 
donne en outre de la valeur au livre, ce sont les nombreuses 
citations et pièces inédites qu'on rencontre soit dans le 
texte, soit dans les appendices. . » — Revue de Belgique. 

« Nous n'analyserons pas les deux volumes de cette Galerie 






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22 

qui viennent de paraître. Chacun sait que l'homme auquel 
ils sont consacrés, et qui, pour le dire en passant, n'a point 
dû demeurer des siècles sous terre pour être apprécié, 
est un des types politiques les plus élevés et les plus 
remarquables qu'ait produits notre Belgique moderne. Polé- 
miste, orateur du barreau, orateur politique, bibliophile, 
homme de salon, diplomate, landlord, M. Van de Weyer a 
su toujours et partout mériter de monter au premier rang, 
et s'y maintenir. A vingt-trois ans, l'opinion publique l'avait 
déjà remarqué ; à trente ans, il était un des hommes les 
plus influents de la révolution, et l'un des plus forts par son 
énergique modération. A trente et un ans, il devenait 
envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de 
Léopold I" à Londres. — Libéral, M. Van de Weyer eut la 
gloire et la force de rester, un des derniers, fidèle à ce grand 
parti de l'union, que les catholiques belges n'ont pas été les 
premiers à répudier, et qui, dans nos sociétés de transi- 
tion, avait si bien vu que gouverner, c'est transiger, non 
avec les principes, mais avec les hommes et les faits. — 
Représentant à Londres de la pensée du pays et de la pensée 
de Léopold I", qui, depuis 1840 jusqu'à sa mort, fut un des 
plus vaillants et des plus influents champions de la paix 
européenne, M. Van de Weyer attacha son nom avec éclat 
à la naissance de notre jeune nationalité. A ce propos, nous 
ne pouvons nous empêcher de dire que le livre de M. Juste 
contient des faits extrêmement curieux sur nos premiers 
rapports avec les puissances étrangères. Ces faits surpren- 
dront bien des personnes; mais qu'y faire? Décidément, la 
statue du général Belliard, en tant qu'elle symbolise l'inter- 
vention désintéressée de Louis-Philippe en notre faveur 
en 1830, chancelle fort sur son piédestal. Le gouvernement 



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23 

de Juillet, tout en ayant l'air de nous défendre, avait une 
envie assez marquée de nous prendre et, sans le veto 
énergique de l'Angleterre, il se fût peut-être passé cette 
fantaisie. — Ajoutons, en terminant, que les éléments 
principaux de la biographie de M. Van de Weyer sont 
empruntés aux archives particulières de cet homme d'État, 
archives qui, jusqu'à ce jour, étaient restées fermées à tout 
le monde, et qui sont particulièrement riches en documents 
émanés de la plume de toutes les sommités de l'Europe 
contemporaine. C'est là un fait qui donne aux volumes dont 
nous parlons une importance qui n'échappera à personne. » 
— E. P. (Revue catholique, \ 5 juillet 1 871 .) 

«... Enough for us that this Life of Sylvain Van de Weyer 
abounds in interesting matter — literary, social, and 
political; doing ample crédit to M. Juste's discrimination, 
literary ability, and research... Rarely, very rarely, does 
it corne to pass that the entire career of so eminent and 
active a man can be laid bare before the world in his 
lifetime — safely, fearlessly, and thruthfully — without 
réticence and without offence. » — The Times. 



« Under the title of « The Founders of the Belgian 
monarchy » M. Théodore Juste has writteu one interesting 
serié-o of biographies of the principal statesmen and diplo- 
matiSiS who cooperated in an enterprise which was more 
difflcult and more perilous than, after forty years of 
success and prosperity, the présent génération would 
readily suppose... Of thèse men, the one who forms the 
subject of the ninth of M. Juste's biographies has especial 
claims upon the regard of Englishmen ; indeed , by long 



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résidence among us, by family alliance, and by a peculiar 
and quite exceptional position as the représentative of the 
Court most nearly allied to our own, and the most 
intimate and confidential adviser of his Sovereign, 
M. Van de Weyer has, for the best portion of a public life 
concerned with the highest cares and responsibilities, made 
England something more than his second country.'.. » 
— The Saturday Review. 

LE COMTE FÉLIX. DE HÊRODE. 

1 vol. in-8°. . - 

« ... M. Juste a voulu tracer de cette belle et sympa- 
thique figure un portrait digne, vrai' et complet. Il n'a omis 
aucun renseignement ni négligé aucun détail. Aussi son 
œuvre est- elle une des meilleures et des plus intéressantes 
parmi celles qu'il a consacrées à la mémoire des fondateurs 
de la monarchie belge. » — Journal de Bruxelles. 

« ... On trouvera dans cette biographie une foule de 
renseignements curieux sur l'histoire nationale contem- 
poraine : ils sont comme .toujours puisés à ces sources 
inédites et notamment à ces correspondances intimes que 
M. Juste a le talent et le bonheur de se procurer.» — Revue 
catholique. ,-^TT 

LORD PALMERSTON. 

1 vol. in-8°. 
" ... M. Juste s'est occupé surtout de ret 
Palmerston dans ses rapports avec la consntfâton. ejjl'èv' 
maintien de l'État belge,- et a complété par d'autre! 
nications les notions historiques dues au célèbre biographe 
du grand ministre anglais. » — Journal de Liège. 




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LES FONDATEURS DE LA MONARCHIE BELGE, 
Par Théodore Juste. 

Léopbld ■«, roi des Belges, d'après des documents inédits • 
Première partie (1790-1852), 1 vol. in-8» 
Deuxième partie (1852-1865), 1 vol. in-8° 

T 1 ^ C,,ohlç,, ' 'f S ent de h Belgique, d ; après ses papiers et 
d autres documents inédits, 1 vol in-8° 

^aV™. %£*?** anden '^^ *" Co »^ natio- 
J 'Tvo , î ,, in L ^ ean ' miniSl '' e d ' État> d ' aprÙS des d °cuments inédits, 

Sy ^.n!? If* dC We y cr ? ministre d'État, ancien membre du gou- 
vernent provisoire ancien ministre plénipotentiaire de BelgLe 
Londres, etc., d après des documents inédits, 2 vol in-8» 
i.e comte Le Hou, ministre d'État, ancien ministre plénipoten-' 

SÊnt S" 1 * ? 5"*' ete " d ' après ses correspondances d^o- 
manques et d autres documents inédits, 1 vol in-8» 

VlTZTfJ^f™} com * e «»Wet d ALielIa, ministre 

dJitat, etc., d après des documents inédits, 1 vol in-8° 
Le comte de jHuclenaerc, ministre d'État, etc., d'après des 

documents inédits, 1 vol. in-8°. p UBS 

^n-*'* 8 dC J8poackcpe ' bourgmestre de Bruxelles, etc., 1 vol. 
Notes historiques et biographiques sur les fonda- 

HSi t ftoK. be '^( 18 ^-1870), d'après des documents 

le v; C n ^ le -î IX ^ Mérode ' membrc du gouvernement pro- 
met,' r v 'of In-8— re ' ,résentant ' **td?iprè, des documents 

Lord Palmerstou, 1 vol. in-8\ 

Le baron Stock mar, 1 vol. in-8". 

Alexandre Gendebien, membre du gouvernemcnt'iJrovisoire et 
du Congres nahonai, d'après .les documente inédits, 1 vol in-8» 

■» »e Pottcr, membre du gouvernement provisoire, d'après des 
documents inédits, 1 vol. in-8°. 

Notes historiques et biographiques sur les fonda- 
teurs de 1 Etat belge, d'après des documents inédits, 2 e série, 

1 vol. ÎH— o°. 

Le baron Nothoinb, ministre d'État, etc., etc., 2 vol. in-8°. 

BBUXEUES. — FB. GOBBAERTS, 111P. DP BOI, 8UCC. D'EM. DEVROVE. 




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